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Charente (16) Confolens arrondissement - 129
d'industrie, etc. C'était la bourgeoisie, la classe des 1690, ces propriétaires du Gazon ne crurent pas déroger
“notables”, des bourgeois vivant noblement. Elle s'était en prenant pour parrain et marraine de leur fils, en
considérablement accrue à la veille de la Révolution. Ce l'absence de ses grands parents, le domestique et la
sont les notables qui arrêtent avec le syndic les rôles de servante du Logis: Jean Faure et Marie Nadaud, femme
la taille, de la corvée, des vingtièmes; ils font presque de chambre de Mme Aimée de David. (Et dans ce siècle
toujours la majorité dans les assemblées de la où l'on a essayé de présenter l'instruction comme nulle,
communauté, où ils ont le verbe haut et font sonner cette femme de chambre savait écrire et a signé sur le
bien fort leur récente fortune; les nombreuses branches registre).
de Veyret qu'on trouve un peu partout à Cherves aux
Le 1er avril 1743, Rambaud, régisseur à Ligné des biens
XVII et XVIII siècles appartenaient à cette classe.
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de l'abbé de la Cailletière, en écrivant à son maître,
Au dessous de ces classes, se trouvait le menu peuple: demande la permission de remercier son curé (celui de
Châtelars) du poisson d'avril qu'il vient de lui envoyer.
domestiques, métayers, laboureurs à bras (c'est-à-dire
journaliers), etc., vivant de travail manuel, dans une On faisait ainsi entre les diverses classes de la société
condition plus dure peut-être, mais bien analogue à la échange de bons procédés.
vie du peuple d'aujourd'hui , avec le suffrage universel
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Professions Diverses
en moins!
A Cherves, comme dans le reste de la France, les
Il ne faudrait pas croire que ces diverses classes de la
professions les plus variées faisaient vivre la population;
société vivaient séparées par la barrière infranchissable
c'est ainsi qu'on trouve dans les registres les mentions
des préjugés de leur caste, comme l'affirment certains
auteurs de manuels d'histoire (plutôt pamphlétaires suivantes, relevées un peu au hasard, et dont
l'énumération un peu fastidieuse est placée ici à titre
qu'historiens). Ceux qui fouillent le passé et étudient les
documentaire:
vieilles chartes, les chroniques locales, rencontrent
partout des preuves indéniables que si les classes de la 16 août 1642, Léonard Derassat, notaire royal à Chez-
société étaient plus officiellement tranchées Limousin.
qu'aujourd'hui, toutefois, dans le cours ordinaire de la
22 novembre 1643, enterrement de Pierre Vignon,
vie, la noblesse et la bourgeoisie savaient, à certains
maître-chirurgien au bourg de Cherves.
jours, s'incliner vers le peuple et l'associer à leurs joies,
à leurs fêtes de famille, comme le paysan savait s'associer 22 juin 1646, enterrement de Léonard Faure, notaire et
aux dangers, aux chagrins, aux deuils qui menaçaient ou sergent royal de Montbron.
frappaient la famille noble dont il cultivait les terres. Les 18 avril 1649, Pierre Fougerat, notaire royal à Chez-
fêtes intimes des familles aisées devenaient facilement Limousin.
l'occasion de réjouissances pour la population 21 novembre 1650, Michel Dupradeau, notaire royal au
d'alentour. C'est ainsi qu'au baptême d'un Singarreau, le Fot (mourut le 13 décembre 1679).
24 janvier 1680, on trouve sur le registre de Châtelars-
2 janvier 1652, Henri Veyret, maître tailleur d'habits à
la-Rivière la mention: “Tous les habitants dudit lieu
Chez-Veyret.
étant présents”. La même mention se retrouve d'ailleurs
le 6 du même mois et de la même année à un autre 1652, François Dumontet, notaire royal à Chevalerie.
baptême. 5 avril 1657, François Veyret, tailleur d'habits à Chez-
Les exemples de parrain et marraine pris par le peuple Limousin.
dans la noblesse surabondent dans les registres de toutes
9 septembre 1657, Léonard Derassat, notaire royal à
les paroisses. On trouve aussi des cas où la noblesse a
Chez-Limousin 8 juin 1658, Jean Bastier, maître-
choisi des parrains et marraines dans le peuple; ainsi au chirurgien au bourg.
baptême d'un de Lestrade, à Cherves, le 11 décembre
15 août 1658, Jean Dumontet, notaire de Montbron, à
123 C'est une erreur de croire que nos pères n'ont connu jusqu'à Chevalerie.
la Révolution qu'un servage abrutissant, où l'homme attaché à la 1er mai 1661, Jean Derassat, notaire à Chez-Veyret.
glèbe n'aurait eu qu'à s'humilier, souffrir et mourir pour son
seigneur et maître. Les preuves abondent qui établissent le
contraire.
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