Page 127 - Canton_Montemboeuf-0-wn
P. 127
Charente (16) Confolens arrondissement - 127
La paroisse de Châtelars avait aussi ses moulins à village ont disparu, car on ne trouve pas mention de
moudre le blé: on trouve les mentions suivantes au sujet tuiliers habitant ce village dans les registres religieux de
de ces moulins: 5 janvier 1072, Jean Bonneau demeure Châtelars, qui remontent cependant à 1669. Au village
au moulin du prieur de Châtelars. 25 juillet 1073, N... d'Etamenat, paroisse de Cherves-de-Montembœuf, il y
Delaige est dite meunière au moulin de Chez-Bonnaud. eut, dès le XVII siècle, des fabriques de tuiles; on y
e
Le 14 août 1070. Pierre Tricaud et Elisabeth Précigoux embauchait même des ouvriers étrangers, dont
quelques-uns se fixèrent probablement dans le pays. Au
sont meuniers au moulin de Châtelars.
XVIII siècle, on trouve l'enterrement à Cherves d'un
e
Le 21 mars 1738, Léonard Chadouteau est meunier au
homme, né dans la Marche, et décédé à la tuilerie
moulin du prieur de Châtelars.
d'Etamenat. On mit comme témoin dans l'acte de ses
Le 4 mai 1743, l'abbé de la Cailletière affermait son funérailles un Bruchier, originaire de la Marche comme
moulin du Châtelars pour trois ans à Michel Daganaud; le défunt.
il l'avait déjà loué antérieurement à Jean et Pierre Moreau
Le 22 avril 1722, Samuel Veyret, sieur de Lafaye, fait
pour quatre ans, mais ces locataires avaient mis la clef
dresser un "Etat de lieu de la tuilerie d'Etamenat" dont
sous la porte, dans la nuit du 22 au 23 mars 1743, ainsi il venait d'hériter de son père, pour lors procureur à
que le constate un acte du notaire Veyret, en date du 23
Pons en Saintonge (ce qui prouve que la tuilerie
mars 1743. Le 25 janvier 1744, Daganaud ayant sans
d'Etamenat était à cette époque entre les mains d'un
doute rompu son marché, l'abbé de la Cailletière
régisseur ou d'un fermier).
affermait de nouveau son moulin de Châtelars avec ses
dépendances, moyennant 125 boisseaux de blé Ces tuileries ont continué à travailler, et aujourd'hui on
compte encore plusieurs fours à Etamenat pour cuire
“boisseau du moulin, mesure de Montbron”,
la tuile courbe et les briques.
dit l'acte de ferme.
Les produits de ces fours ne s'exportent point, comme
Le 10 septembre 1748, les héritiers de la Cailletière ceux des grandes tuileries de Fontafie, de Roumazières
payent 55# une mule blanche achetée à Angoulême ou de Péruzet; mais ils se vendent dans le pays et
pour le meunier du moulin de Châtelars. forment une branche de la petite industrie locale.
Le 25 janvier 1776, on enterrait dans l'église de Châtelars Métier à Tisser
Louise Dumas, femme de Jean Buisson, meunier au
moulin de Chez-Bonnaud. Jadis dans chaque paroisse où l'on cultivait le chanvre,
on trouvait des tisserands pour fabriquer la toile fine
Le 19 février 1779, Philippe Bastier du Temple fait un dite “toile de bris” et la toile ordinaire dite “toile de
arrangement avec Jean Masdigou et Boissonot, meuniers rouffe”. A Cherves et à Châtelars les tisserands eurent
au moulin de Chez-Bonnaud, qu'ils avaient arrenté aux leurs métiers qu'ils se transmirent de père en fils.
précédents propriétaires, moyennant une rente seconde
Aujourd'hui, bien que la culture du chanvre soit presque
de 64 boisseaux de blé méture, deux gelines et seize sols
abandonnée, on trouve encore à Cherves, comme à
en argent.
Mazières d'ailleurs, un tisserand pour faire la toile. Ils
La crise générale qu'a subi la meunerie à la fin du XIXe ne la font plus exclusivement de chanvre comme
siècle a été fatale à tous ces moulins, et aucun autrefois; la plupart du temps ils croisent les fils de
de ceux de l'ancienne paroisse de Châtelars n'est plus chanvre avec les fils du coton importé en France par
en activité. mer.
Tuileries Autrefois dans les contrées où l'on s'occupait de
l'élevage des moutons, et c'était le cas pour Cherves et
Une autre branche d'industrie représentée depuis Châtelars, il y avait des sergiers pour tisser la laine et
longtemps à Cherves-Châtelars est la fabrication des faire le drap et la serge, dont s'habillaient les familles
tuiles et des briques. aisées. C'est ainsi qu'en 1688, Sulpice Veyret est maître
Le village de la Tuilière, sur l'ancienne paroisse de sergier à Chez-Limousin.
Châtelars, doit certainement son nom et son origine à Là où l'on trouvait à la fois le chanvre et la laine, le
cette industrie, qu'y exercèrent les fondateurs de ce sergier fabriquait, en croisant un fil de laine et un fil de
hameau. Depuis longtemps les fabriques de tuiles de ce
© CatillusCarol.Corp

