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Charente (16) Confolens arrondissement - 133

        La Révolution a changé le nom des impôts mais elle ne moyennant une redevance. Si le vassal était noble, cette
        les a point supprimés: la taille et les vingtièmes sont redevance était minime et purement honorifique, le fief
        devenus  l'impôt  foncier  des  propriétés  bâties  et  non était alors dit relever de la seigneurie au devoir de tel
        bâties, la capitalisation est devenue la cote personnelle, objet: une paire de gants ou une paire d'éperons, par
        l'abonnement  a  fait  la  cote  mobilière,  et  la  corvée exemple.
        ancienne a pris le nom de prestations ou taxe vicinale.      Quand  des  terres  étaient  concédées  à  des  roturiers,

        Le 26 vendémiaire de l'an XI, par acte Gâcon, Jean- c'était presque toujours moyennant une redevance utile
        Baptiste Villate, propriétaire, demeurant à Chez Veyret, et onéreuse: une rente annuelle, payable en argent ou en
        cède à Louis Lamarche et à Renée Veyret, demeurant à nature; les terres ainsi concédées, appelées "tenues" et
        Lalat, commune de Montembœuf, le droit de perception "prises"  étaient  alors  mouvantes  de  la  seigneurie  au
        des contributions foncières, personnelles et mobilières, devoir  de  telle  somme  de  rente  annuelle  ou  de  telle
        des portes et fenêtres de la commune de Cherves pour quantité de récolte, si la rente était fixée en nature.
        l'an XI (dont il était adjudicataire) et qui s'élèvent :
                                                                     Ceux  qui  possédaient  des  terres  ainsi  grevées  d'une
        La  contribution  foncière  en  principal,  centimes rente, étaient dits "tenanciers". En réalité le tenancier
        additionnels et dépenses à:                 7,955.75 FF      était maître de sa terre, il pouvait l'exploiter à sa guise,
                                                                     même la vendre ou la céder, en payant, au seigneur dont
        La contribution personnelle et mobilière à  769.64    FF
                                                                     elle relevait, le droit de “lots et ventes”.
        La contribution des portes et fenêtres à       206.71  FF
                                                                     Au cours des siècles il arriva souvent que les tenanciers
                                                                     s'exonérèrent de la rente, en achetant au seigneur, par
        TOTAL                                         8,932.10 FF    acte  notarié,  son  droit  de  rente.  Nous  trouvons  un
                                                                     exemple de ce rachat, mentionné dans un acte du 30
        Plus 386.27  fixés pour le droit des percepteurs.
                     FF
                                                                     juin  1786,  où  plusieurs  tenanciers  de  la  prise  "des
        En plus des impôts directs nos rois avaient aussi créé Royaux" près de Chevalerie, en donnant reconnaissance,
        des  impôts  indirects  qui,  comme  les  contributions à Jean Chabanne de la Gerverie, de son droit sur cette
        indirectes     d'aujourd'hui,     frappaient      certaines prise,  redevable  de  onze  boisseaux  de  froment,  sept

        marchandises et atteignaient le contribuable, en tant qu'il boisseaux de seigle, cinq boisseaux d'avoine, dix-neuf
        usait de ces marchandises, tels: le sel, les boissons, les sols, dix deniers en argent, font remarquer:
        fers, les cuirs, le papier. Il y avait aussi les droits sur les
                                                                     “Ne sont pas compris dans cette obligation: les parties
        monnaies, le timbre, les messageries, les postes.
                                                                     de  la  tenue  dépendant  de  la  succession  de  Louis
        Il ne faudrait pas croire que les affaires, sur ce chapitre, Dupradeau qui, par actes du 17 mars 1717 et du 20 mars
        se  passaient  d'une  façon  bien  différente  de  celle 1726. avait affranchi ses biens de cette charge”
        d'aujourd'hui; témoin le petit fait suivant:
                                                                     Les  terres  en  “prise”,  ou  “tenue”  avaient  avant  la
        A la date du 30 juin 1763, par acte notarié, intervint un Révolution  une  situation  à  peu  près  analogue  aux
        accommodement,  pour  tenir  lieu  de  confiscation  et domaines  aujourd'hui  grevés  d'hypothèques.  Mais,
        d'amende,  entre  François  Chauveau,  contrôleur comme nous venons d'en voir un exemple, beaucoup
        ambulant du département (on dirait aujourd'hui de la de terres n'étaient pas, ou n'étaient plus, en "prises" ou
        brigade)  de  Confolens  et  Bernard  Blanchard, "tenues", et ne payaient plus de redevances seigneuriales,
        propriétaire, qui avait vendu et livré en fraude, à une à  la  veille  de  la  Révolution;  elles  appartenaient  sans
        femme de Mazières qui le débitait sans licence, un fût restrictions à leurs détenteurs.
        de vin. Cette irrégularité coûte à Blanchard cent livres;
                                                                     Les charges seigneuriales qui frappaient encore certaines
        c'est-à-dire à peu près trois fois la valeur de son fût de
                                                                     terres n'en étaient que plus odieuses aux populations.
        vin, à cette époque.
                                                                     D'ailleurs les successions de suzerains et de tenanciers,
        A côté des impôts royaux, perçus au nom de sa majesté, le partage et la vente des droits de rente par les seigneurs,
        il y avait les rentes seigneuriales et les dixmes.           et des terres en mouvance par les tenanciers avaient
                                                                     amené  avec  le  temps  des  complications  presque
        I.- Les rentes seigneuriales tiraient leur origine de ce
                                                                     inextricables et des procès presque ininterrompus, qui
        qu'autrefois un suzerain, pour récompenser un vassal
                                                                     contribuèrent  à  rendre  les  rentes  odieuses  aux
        ou pour se l'attacher, lui avait donné un fief, une terre,


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