Page 122 - Canton_Montemboeuf-0-wn
P. 122

Charente (16) Confolens arrondissement - 122

                                  Le Fot                             Degorce,  marchand,  demeurant  à  la  Relie  de
                                                                     Genouillac.
        Le village du Fot fut longtemps la résidence d'un notaire
        royal. Le 7 janvier 1646, Simon Ducouder, né au Fot,         Le ménage Jean Dupuy - Anne de Chevreuse avait fait
        eut pour parrain Simon du Chaussé, sieur du Gazon,           baptiser, le 27 octobre 1709, un fils, Hippolyte, qui eut
        âgé de 18 ans.                                               pour parrain: Pierre Dupuy, écuyer, sieur du Bouchet,
                                                                     et pour marraine: demoiselle Marie de Chevreuse.
        Le 26 novembre 1650, Michel Dupradeau, parrain à
        Cherves, est dit “notaire royal au Fot”. Ce notaire ayant    On  trouve  un  peu  plus  tard,  une  autre  demoiselle:
        épousé Michelle Bourrigeaud, ils firent baptiser le 27       Elisabeth  de  Chevreuse,  veuve  de  François  de
        avril 1663 un fils: François Dupradeau, et le 2 avril 1664,  Mascureau, qui épouse, le 4 novembre 1767, Jacques
        un autre fils: Hélie Dupradeau, qui eut pour parrain         Dauphin Lapeyre, fils de Jean Dauphin et de Marie Le
        Hélie d'Abzac, prieur de Châtelars, et pour marraine         Chevalier.
        Marie de la Quintinie.                                       Le 25 juin 1768, Jacques Dauphin Lapeyre et Anne-

        Michel Dupradeau, notaire royal au Fot, décédé à 55          Elisabeth  de  Chevreuse,  habitant  aux  Chassaignes,
        ans, fut enterré dans l'église de Cherves, le 13 décembre    achètent  pour  3,120#  tous  les  biens  que  Marie  de
        1679.                                                        Châteauneuf, épouse de Cyprien de Rougnat, possède
                                                                     au Breuil de Lasfaux.
        Un  siècle  plus  tard,  les  Dupradeau  étaient  encore
        propriétaires au Fot, et le 12 octobre 1790, les héritiers   Un peu plus tard, Jacques Dauphin et sa femme allèrent
        Dupradeau, demeurant pour la plupart à la Coucoussie,        habiter au Breuil, et le domaine des Chassaignes passait
        afferment, moyennant 280 livres, leur métairie du Fot.       à  d'autres  propriétaires.  Depuis  cette  époque,  ce
                                                                     domaine a presque toujours été exploité par des colons.
        Maintenant ce village se compose de trois ou quatre
        petites  maisons  vieillottes,  qui  ne  laissent  guère                               XXVI
        soupçonner qu'il y eut là jadis une résidence de notaire
                                                                                     Agriculture et Industrie
        royal.
                                   XXV                                                      Agriculture

                                                                     A  Cherves  et  à  Châtelars  l'agriculture  n'eut  point
                            Les Chassaignes
                                                                     autrefois la prospérité dont elle jouit aujourd'hui.
        Le  domaine  des  Chassaignes,  partagé  aujourd'hui  en
                                                                     Dans  l'“Etat  général  des  fonds  de  la  paroisse  de
        deux métairies était, au commencement du XVII  siècle,
                                                            e
                                                                     Cherves" dressé en 1752 par Paul Binet, cet arpenteur
        le  fief  d'une  famille  de  Chevreuse  dont  on  ignore
                                                                     géomètre  a  inscrit  aux  “Observations  générales”  les
        l'origine.
                                                                     remarques suivantes:
        Un membre de cette famille, François de Chevreuse,
                                                                     Les terres de la paroisse sont d'un très petit revenu, et
        épousa vers 1655 Marie Du Chaussé, demoiselle de la
                                                                     la majeure partie très mauvaises; les prés y sont d'un
        Forge du Gazon, dont une fille Marguerite, baptisée à
                                                                     médiocre  revenu,  marécageux,  et  ne  produisent  que
        Cherves le 27 janvier 1657.
                                                                     joncs;  il  y  en  a  néanmoins  quelques  uns  qui  sont
        Marie Du Chaussé décéda peu après aux Chassaignes, passablement bons.
        et fut enterrée dans l'église de Cherves, près de l'autel
                                                                     Les différents ruisseaux qui coulent dans la paroisse y
        Saint-Fabien et Saint-Sébastien, le 4 août 1659. Son mari
                                                                     prennent leur source, l'eau en est froide et n'a aucune
        lui survécut de peu et fut, en janvier 1662, enterré aussi
                                                                     propriété pour la prairie ni pour le pacage.
        dans l'église de Cherves.
                                                                     Il y a des châtaigniers et quelques vignes, le tout d'un
        Un  demi-siècle  plus  tard,  on  trouve  mention  encore
                                                                     médiocre revenu.
        d'un  François  Chevreuse  aux  Chassaignes.  Il  avait
        épousé Marie-Rosé de La Rochefoucauld, dont il eut           Il y a quelques bois, beaucoup de landes et de champs
        plusieurs enfants. Une de ses filles: Anne de Chevreuse,     froids.
        qui  avait  épousé  Louis  Dupuy,  sieur  de  Villiers,      L'habitant est extrêmement pauvre, quelques-uns sont
        demeurant pour lors aux Chassaignes, affermait en 1712       presque mendiants, les autres ont beaucoup de peine à
        sa  métairie  des  Chassaignes  pour  cinq  ans  à  René     vivre.

                                                           © CatillusCarol.Corp
   117   118   119   120   121   122   123   124   125   126   127