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Charente (16) Confolens arrondissement - 402

        cuisait  mieux.  Le  turteuy  était  un  morceau  de  pâte
        prélevée  dans  un  palisson.  Lorsqu'on  enfournait  la
        galette on l'aplatissait sur la pelle d'une épaisseur de deux
        centimètres, on l'humectait avec de l'eau et on faisait un
        dessin, en général des raies au carré. Elle cuisait pendant
        une heure et demie. Il y avait aussi le karkalin des petits.
        Ce dernier et la galette étaient enfournés à la fin.

        On tirait alors les braises devant la gueule du four et on
        le fermait avec un baradu qu'une fourche soutenait.








                             5.- La Cuisson


        Il fallait surveiller la cuisson. Au bout d'un quart d'heure
        si l'on voyait que la croûte prenait trop on disait “Koleu
        chètignô” et si “Uéro tchètigna” on ouvrait le four pour
        qu'il ne soit pas brûlé. On pourrait traduire tchétigna
        par couleur de châtaigne.
        Au bout d'une demi-heure, le pain était déjà gonflé. On
        ouvrait le four et on remuait (rèmeudèvo) le pain car les
        tourtes pouvaient alors se toucher. Il fallait séparer ces
        tourtes,  et  on  appelait  l'endroit  où  ces  deux  tourtes
        étaient collées Fembulchadé. Au bout d'une heure et
        demie le pain était cuit et on le sortait du four. Si le pain
        était  plat  et  n'avait  pas  bien  gonflé  on  disait  “Vé
        aklyané”. On renversait les tourtes sens dessus dessous
        sur les palissons (dévira ko desiir désu) et on le laissait
        refroidir (frézé).

        Le lendemain on portait le pain au râtelier (rètèlyé). II
        y avait deux sortes de râtelier sur lesquels on posait les de le faire pendant la Seconde Guerre mondiale. On
        tourtes  après  les  avoir  époussetées  avec  un  plumeau allait faire moudre le grain la nuit, clandestinement. Et
        (pleumay). Le râtelier classique était une sorte d'échelle dans  les  campagnes  on  délaissa  complètement  cette
        suspendue au plafond par des fils de fer (fi d'archau). habitude ancestrale vers 1950, les boulangers se mettant
        L'autre était composé d'une caisse tournante autour d'un à faire des tournées dans les villages.
        essieu cloué à une poutre. Deux barres de bois sortaient
                                                                                 Etudes-Limousines, pp. 170-173
        de chaque côté en haut et en bas, ce qui faisait huit
        branches en haut et huit en bas. Elles soutenaient deux
        par deux une tourte de pain. On pouvait donc y mettre
        huit tourtes.

        Huit tourtes faisaient la provision d'une famille pour
        douze ou quinze jours. L'été, le pain à la fin moisissait
        et devenait très dur. Aussi le trempait-on dans la kuèdo
        (cassette en bois posée au-dessus du seau cerclé de fer
        servant pour faire couler l'eau sur les mains).

        Après la guerre de 1914, on prit l'habitude d'acheter le
        pain chez le boulanger. Beaucoup reprirent l'habitude

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