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Charente (16) Confolens arrondissement - 400

                                          Le Pain, jadis à Massignac (Charente)


                                                          par G. Marsiquet

                                                                Leu Po




                             1.- Lo   Kuètcho

         II y avait quatre moulins à eau (mule) dans la commune
         de Massignac par ordre et tous sur le cours de la Moulde
         (Moudo)  petit  ruisseau  qui  contourne  la  colline  sur
         laquelle est bâti le bourg: celui des Etangs (do Etâ), à la
         sortie de l'étang, celui des Gros Yeux (do Grô ùey), celui
         de  Servolles  (Sar-vôlo),  enfin  celui  de  Crouzeau
         (Cruzeuy), tous séparés d'environ un kilomètre. D'où
         sans doute l'étymologie de la Moulde: celle qui moud.
         (Cc. la Moldau, rivière de Tchécoslovaquie, sans doute
         même étymologie).
                                                                      Le foyer, avec au-dessus, l'ouverture du four (photo G.
         Le  meunier  du  moulin  dont  on  était  client  venait
         chercher à domicile le blé que l'on voulait faire moudre,
                                                                     moulins à eau se remirent à tourner, on disait: “Nu van
         quantité en rapport avec la quantité de farine nécessaire
                                                                     mena more” (On va mener moudre). Car après la guerre
         à une fournée (furnèdo) de pain. On appelait cela la
                                                                     de 1914 les vieux moulins furent concurrencés par des
         küétcho .
                 1
                                                                     moulins  plus  vastes  et  mieux  outillés,  placés  sur  des
         Avant que le meunier vienne on mettait la kùétcho, mot      cours d'eau plus importants. Alphonse Daudet relate
         à mot “la cuite”. Le participe cuite se disant küétcho. Il
                                                                     très bien cet état de fait en ce qui concerne les moulins
         y  a  simplement  une  différence  d'accentuation.  La
                                                                     à vent dans “Le secret de maître Cornille”.
         kùétcho était en général un demi-sac de blé (quarante
                                                                     A l'origine, il fallait tamiser cette farine (taméza) avec
         livres, karante lirè, car l'agriculteur préfère compter en
                                                                     un blutoir (bétor). Le cylindre du blutoir, muni de toiles,
         livres qu'en kilos).
                                                                     séparait la farine et le son (bren). On distinguait deux
         Le meunier (mónyé) montait la chercher dans le grenier
                                                                     sortes de farine: lo féno flor (la fine fleur) qui servait à
         à blé (granyé) qui se trouvait en général au dessus de la   faire  les  gâteaux  si  on  ne  la  mélangeait  pas  avec  la
         cuisine  et  dont  l'ouverture  donnait  à  l'intérieur  de  la  muêdro faréno (la moindre farine) et de même deux
         grange et auquel une échelle donnait accès.
                                                                     sortes de son: lô basèlu ou reposé, menu son avec lequel
         Le meunier autrefois transportait les sacs à dos de mulet. on enfarinait les linges de pain (dré dé po) et servait aussi
         Mais ensuite il attelât son mulet à une carriole (karyôlo) à engraisser le bétail, et le bren (son proprement dit) que
         vers 1900. Il avait l'habitude de prélever quinze livres l'on mélangeait à la brenée ou pâtée des cochons (égè,
         par sac, plus tard vingt. On disait qu'il modörèvo. Et pluriel de aygo: eau).
         souvent on ajoutait: “0 nu ô rusti” (Il nous a volé).
                                                                     On  descendait  la  farine  (si  le  blutoir  se  trouvait  au
         Lorsque le blé était moulu (môgù) — moudre se dit grenier) dans la maie (ma) à l'aide d'une corbeille (palésu)
         môrè — le meunier rapportait la farine (faréno). Plus dénommée  palésu  blan,  car  elle  était  spécialement
         tard  quand  les  meuniers  ne  se  déplaçaient  plus  et consacrée à cet usage.
         pendant la Seconde Guerre mondiale où certains vieux
                                                                                      2.- Le Levain (lèvan)
         1  Dans  le  dernier  article  “les  Fauches”  le  ts  dont  l'accent
         circonflexe sur le s avait été omis à l'impression correspondait à Lorsque la maie était remplie de farine on faisait un
         tch. Ex: fau-mantche pour fau-mantse, emutcha pour emutsa,  creux  avec  une  assiette  (nô  tchéto)  pour  y  mettre  le
         brôtcho pour brotso. D'après la notation phonétique, u = ou, û
                                                                     levain (lèvân) dans un coin de la maie et l'hiver surtout
         = u, ô = eu.
                                                                     du côté le plus chaud. Le levain était de la pâte prélevée
         L'accent  circonflexe  sur  une  voyelle  est  la  marque  d'une
         nasalisation à = an.                                        de la furnèdo d'avan (de la fournée d'avant) et conservée

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