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Charente (16) Confolens arrondissement - 401
dans un petit pot (tupé). On démêlait cette pâte dans de
l'eau tiède et on la versait dans le trou creusé avec
l'assiette. On pétrissait la farine tout autour: ko fadjyo
kumo no grôso turto dî keuy krô (ça faisait comme une
grosse tourte dans ce trou). On couvrait cette première
pâte bien à plat (byén planyé) et on faisait une croix
au-dessus comme c'était l'usage (k'éro lo modo), et les
paysans disent: “Le pain, c'est sacré” (Leu po k'ey sacra).
La pâte levait pendant la nuit. C'est de cette pâte levée
que l'on prenait le levain pour la fournée suivante.
3.- Pétrir (préti)
La Maie (photo G. Marsiquet)
Le lendemain matin on salait la farine et l'on faisait
chauffer de l'eau. On versait cette eau sur toute la mettant parfois un œuf (yû you) et on la pliait dans le
longueur de la maie pour démêler la farine. Il fallait sac de la kùétcho pour la faire lever.
environ douze litres d'eau pour faire huit tourtes.
Quand la farine était démêlée on travaillait la pâte.
4.- Mettre au Four (métré ô fur)
L'homme faisait tourner la pâte à pleines mains avec un
han puis la tapait: y'ùn n'en prènyo de le brasadê kê y'àn 1.- Préparation ou chauffer (tchôfa)
vérêvo sur lu brè è kè y'ùn topèvoj (on en prenait des
brassées que l'on faisait tourner sur ses bras et que l'on II y avait parfois un fournil attenant à la maison mais
tapait). souvent la gueule du four (la gordjo dô fur) dans la
cuisine près de la cheminée.
Pendant que l'homme pétrissait la pâte, une femme
préparait et mettait sur la table de la cuisine les palissons On allumait en général le feu à trois ou quatre fagots
(palisu). C'étaient des corbeilles en paille tressée et liée deux heures après la mise à lever. Puis on dispersait la
avec de l'écorce de ronces. Elle mettait dans ces braise (ébradzè) avec le feurgu (sorte de latte). Le pain,
corbeilles un linge spécialement consacré à cet usage à ce moment-là, avait fini de lever. On observait alors
(drè de po-drap du pain) qu'elle enfarinait avec le dans le four une sorte de lueur blanche et la couleur de
basselou (basèlu). la brique, la brique de four étant une brique spéciale.
On disait du four: “Uo l'ar pru tchau par solo” (Il a l'air
Il fallait pétrir le pain pendant presque une heure et cela
assez chaud sur sa surface plane) ou “Le brazè sûn pru
demandait un gros effort des muscles des bras vu la
résistance de la pâte qu'il fallait enlever, soulever et mûridè” (Les braises sont assez mortes). On assemblait
alors avec le rèdèblè (fer replié et plat emmanché au
abattre.
bout d'une perche) les braises éparpillées avec le feurgu
Lorsque la pâte était pétrie et que les palissous étaient par yû byay deu fur (sur un côté du four). Puis en le
prêts l'homme coupait la pâte et en prélevait la quantité balayant avec Yékubyé, très long balai de genêt que l'on
d'une tourte de pain et la portait à bout de bras dans les mettait auparavant tremper dans un baquet.
corbeilles. Il fallait environ huit tourtes pour nourrir six
2.- La mise au four
personnes pendant une quinzaine de jours.
La pâte devait lever dans les corbeilles et pour ce faire C'était le moment d'apporter les palissons et de mettre
il fallait les couvrir de couvertures, de couvre-pieds ou, au four. Au fur et à mesure que les femmes de la maison
plus tard, d'édredons ou d'habits. L'hiver on portait et les enfants apportaient les palissons l'homme en
même les palissons dans le lit et on garnissait des versait le contenu sur le plateau d'une large pelle de bois
bouillottes. La pâte pour lever mettait environ, suivant au long manche et enfournait après avoir parfois
la saison, deux à trois heures, parfois plus. enfariné la pâte.
Puis il fallait racler la maie avec un rèklyama et cette pâte On distinguait là turtô, leu karkalin, leur turleuy et lo
(rèdja-ma) servait à faire la galette. On la pétrissait en y galètà. La tourte était ronde et c'était le pain ordinaire.
Le karkalin était une tourte percée et qui de ce fait
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