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Charente (16) Confolens arrondissement - 641
“Au temps de la royne de Navarre, comtesse
d'Engolesme, vesquirent en Angomois plusieurs
hommes de nom, dit Corlieu ... et qui fut plus
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renommé que tous ceux là, maistre Jean Fabri,
docteur ès loix, natif de Roussines, eu la terre de
Montberon, homme sçavant en la jurisprudence et
premier des jurisconsultes gaulois, lequel se tenoit
à Engolesme et y mourut environ l'an 1340, fut
enterré au cloistre des Jacobins, où se voyoit encore
son épitaphe ces ans passéz, contenant plusieurs
sortes de vers à sa louange et sa représentation au
milieu, séant en une chaire avec ses habits
doctoraux, desquels vers je n'ai aucune mémoire,
fors de deux qui estoient escrits à part sous ses pieds
et croy qu'il les avoit faits, disans ainsi:
“Si nul ne doit, ne peut autre plus cher auoir que
soy, Comment voudra ton hoir, ce que tu n'as pas
voulu bailler pour toy.”
Le sens de ces vers nous échappe, et Corlieu qui seul
les a conservés ne l'indique point. Il paraît vraisemblable
de les rapporter à quelque honneur dont Jean Faure se
C'est, du reste, ce que Duchêne a fait lui-même. Il ne
serait montré peu jaloux et qu'il prévoyait bien que ses
parle de Jean Faure que dans les additions de son livre,
héritiers ne lui feraient pas rendre.
et si les dates qu'il donne sur l'époque de l'exercice des
autres chanceliers sont exactes, on cherche en vain celle L'épitaphe et le portrait de Jean Faure ont été conservés
où notre auteur aurait pu occuper cette charge. longtemps dans le cloître des Jacobins. Chopin, qui
écrivait après 1562, dit que son tombeau avec son
On saurait aujourd'hui difficilement prendre parti dans
épitaphe se voyait encore de son temps, et François
la question; et si les éditeurs des œuvres de Jean Faure
Vigier, petit-fils du commentateur de la coutume du
se sont trompés en lui donnant le titre de chancelier de
pays, parlant de cette date de 1562, rapporte:
France, cette erreur atteste du moins la haute idée que
ces jurisconsultes avaient conçue de son autorité et de “qu’en cette année les gens de la religion prétendue
son mérite. réformée pillèrent Angoulême, ruinèrent les églises et
détruisirent les images. Il y a apparence qu'ils
Les historiens de la province nous apprennent que,
n'épargnèrent pas l'épitaphe de Jean Faure; l'on sait
comblé d'honneurs et chargé d'années, Jean Faure
cependant dans le pays, par tradition, que la seconde
mourut à Angoulême en 1'année 1340 et qu'il fut enterré
peinture qui se voit aujourd'hui dans le cloître des
dans le cloître des Jacobins. Les documents qui nous
Jacobins à main gauche en entrant est un reste de cette
ont été transmis sur sa personne sont trop rares pour
épitaphe, qui s'est un peu conservée malgré l'injure du
ne pas rappeler ici les quelques lignes que lui consacre
temps; ce qu'il y a lieu de croire si l'on en juge par les
Corlieu dans son Recueil en forme d’histoire de ce qui
figures qui y sont représentées .”La gravure que nous
14
se trouve par écrit de la ville et des comtes d’Engolesme.
reproduisons ici, et que nous empruntons à l'édition de
Les faits qui pourraient fournir des renseignements
ses Commentaires imprimée à Lyon en 1523, est très
utiles sur notre vieux légiste manquent absolument.
probablement une copie de cette peinture 15
C'est dans son livre et dans les œuvres des grands
jurisconsultes qui l'ont suivi qu'il faudra le chercher tout Aujourd'hui, le palais de
entier. A dire vrai, ce n'est pas pour lui seul que l'histoire 13 Corlieu: Recueil en forme d'hist., édition Michon, p. 41.
14 Vigier: Commentaire des coutumes générales observées en
fournit cet austère enseignement de ne transmettre aux
Angoumois, sommaire, p. 3.
générations futures que les idées au service desquelles
15 Le portrait donné en tête de cette notice, et tiré de l'édition
l'homme a passé sa vie, en jetant à l'oubli sa personne de 1546 que possède la bibliothèque d'Angoulême, doit être
et quelquefois son nom: lui-même une copie de celui qui existait au cloître des Jacobins.
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