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Charente (16) Confolens arrondissement - 638

                                                                Notice
                                                                  sur

                                                             Jean Faure   1


                                           Jurisconsulte Angoumoisin du XIV  siècle
                                                                                     e
                                                          M. Henri Leridon



        1 Peut-être eût il été plus exact de dire Joannes Fabri, suivant l'observation qui m'en a été faite par le savant bibliothécaire de la ville
        d'Angoulême, M. E. Castaigne, et ainsi que cela paraissait être l'usage au moyen âge. Dans sa Chronique latine de l'abbaye de La
        Couronne, M. Castaigne fait remarquer, au sujet d'un certain Giraldus Ramnulphi, que ces noms au génitif étaient ceux de personnages
        marquants, dont les descendants honoraient la mémoire en les prenant pour noms de famille, selon l'usage de ces temps-là. Si l'on
        adoptait cette opinion, il faudrait traduire Johannes Fabri par Jean de Faure. Ce qui m'a décidé à dire Jean Faure et non Fabri ou
        Faber; c'est que ce nom de Faure est celui sous lequel il était universellement désigné par les jurisconsultes du XVI e et du XVII e
        siècle, et que c'est aussi celui que lui donnent généralement les commentateurs de la Coutume d'Angoumois.


                                                                     Les légistes ont joué en France un rôle considérable; ils
                                                                     ont été lesinitiateurs de leurs contemporains à la science
                                                                     des  droits  publics  et  privés.  Créer,  développer  et
                                                                     défendre la liberté civile, telle est la mission qu'ils se
                                                                     donnèrent  au  XIII   siècle;  ils  la  terminèrent  par  un
                                                                                          e
                                                                     lent,mais éclatant triomphe qui s'appelle 1789. L'histoire
                                                                     a rendu justice à leurs grands et patients travaux; mais,
                                                                     séduite  et  entraînée  par  le  prestige  des  hommes  de
                                                                     guerre, elle s'est complue dans le brillant récit de leurs
                                                                     conquêtes  et  de  leurs  victoires  sur  les  ennemis
                                                                     extérieurs,laissant trop souvent dans l'ombre les faits les
                                                                     plus  importants  de  notre  existence  nationale,  et
                                                                     n'accordant  qu'une  place  secondaire  à  ces  hommes
                                                                     courageux et infatigables qui eurent l'honneur de poser
                                                                     les fortes assises du droit civil moderne.
                                                                     Leurs grands noms ont pourtant survécu, et la science,
                                                                     moins oublieuse que l'histoire, n'a cessé de leur rendre
                                                                     hommage.  Les  plus  illustres  d'entre  eux  ont  trouvé
                                                                     partout  des  interprètes  fidèles,  d'érudits  historiens  et
                                                                     d'éloquents  panégyristes.  Mais  combien  d'autres
                                                                     reposent encore dans cette paix profonde où l'oubli des
                                                                     générations ne vient point les troubler; leur trace est
                                                                     couverte par la poussière des temps. On cherche en vain
                                                                     la pierre où furent gravés leurs noms, ils n'apparaissent
                                                                     plus que comme des ombres insaisissables dans la nuit
                                                                     des siècles écoulés.

                                                                     C'est  à  la  province  qui  les  vit  naître  qu'appartient  le
                                                                     devoir de tenter de les faire revivre, en essayant de
                                                                     faire dans les travaux qu’ils nous ont laissés deux parts,
                                                                     celle des choses qu'on peut oublier sans regret et celle
                                                                     des choses dont on a profit à se souvenir.






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