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Charente (16) Confolens arrondissement - 245
de la main d'une femme chrétienne et que pas un mort tombait aux mains du comité révolutionnaire de
ne fût enterré sans que son corps n'ait été porté à l'église. Confolens qui le traîna de prison en prison, mais n'eut
pas le temps de faire tomber sa tête.
Dans les premiers jours de 1794, Dieu ménagea aux
e
âmes pieuses de Lésignac la grande joie de la visite d'un Lésignac au XIX siècle
apôtre demeuré fidèle à sa foi, l'abbé Léonard Vignaud,
L'église, la pauvre église de Lésignac, vit des scènes
de Chassenon. Bien qu'âgé de 64 ans et commençant à
subir l'assaut des infirmités, ce prêtre zélé entreprit ce indignes de sa sainteté. Les fêtes révolutionnaires y
furent célébrées avec leurs orgies païennes et les
qu'avaient fait les prêtres de la primitive église.
réunions tumultueuses des patriotes s'y tinrent souvent,
Il était prêtre, mais n'étant point curé, il n'avait en mais on n'osa que très peu de temps en interdire l'entrée
rigueur de droit, aucun devoir; mais son zèle et sa charité aux femmes qui venaient encore y prier avec dévotion.
lui interdisait l'oisiveté à laquelle les mauvais temps de
Nous venons de dire que les fêtes révolutionnaires
la persécution religieuse semblaient le contraindre. Il ne
furent célébrées dans l'église de Lésignac. Une déesse
put demeurer indifférent au salut de ses frères; il ne put
Raison monta sur l'autel et y reçu le sacrilège hommage
se résoudre à abandonner le service de Dieu. En homme
d'ordre, il se mit d'abord en règle avec ses supérieurs en de l'encens. Mais, chose très curieuse, il n'est pas
possible de savoir aujourd'hui qu'elle fut la femme la
se faisant donner par les administrateurs du diocèse de
"demoiselle" qui coiffée du bonnet phrygien osa
Limoges les pouvoirs dont il avait besoin afin de faire
prendre sur l'autel la place de la vierge immaculée, qui
avec autorité, les fonctions du saint-ministère, puis il
commença son apostolat. osa faire du tabernacle sacré le trône de son impudicité...
Un décret du 19 octobre 1790 avait ordonné qu'il fût
Accompagné d'un serviteur de sa sœur, le fidèle Pierre,
fait un inventaire de l'argenterie des églises. Un autre,
homme plein de foi, plutôt ami que domestique, il partit
du 3 mars suivant, portait que cette argenterie serait
au cœur de janvier de son domicile et se dirigea par des
envoyée aux hôtels de la Monnaie. Les prescriptions de
chemins affreux sur
ce dernier décret avaient peu été exécutées dans nos
Pressignac, pour aller de là à Saint-Quentin, Mouzon, contrées lorsque les
Lésignac, etc. Pour éviter d'être reconnu, il voyageait
Représentants du peuple composant le comité de salut
pendant la nuit, se cachait de son mieux le jour dans
public adressèrent aux municipalités l'ordre de l'exécuter
une grange où le propriétaire s'efforçait de le dissimuler
sans retard. Ce fut Jean Fin qui se chargea de cette
sous la paille ou le foin, derrière les fagots et les planchers.
vilaine besogne à Lésignac. Il se fit accompagner par
C'est dans ces lieux que, la nuit venue, il confessait, deux ou trois citoyens recrutés plutôt par peur que de
baptisait, bénissait les unions, réhabilitaient celles bonne volonté et avec leur aide, enleva non seulement
qu'avaient présidés les intrus, puis couché sur un peu les vases sacrés et les objets précieux, mais tout ce qui
de paille, à côté de son fidèle compagnon, il dormait pouvait avoir quelque valeur marchande, et on peut dire
quelques heures. que pour la troisième fois, l'église de Lésignac fut
Il allait arriver à Lésignac lorsque s'étant arrêté à la pillée,dévastée. Mais l'agent de la Révolution manqua
Comtie chez Jean Besse, il apprit qu'on venait d'arrêter de payer cher son zèle. Les femmes du bourg et
l'ex-vicaire Roffignac. Cette nouvelle n'était pas faite quelques unes des villages voisins averties par elles,
pour le rassurer, aussi, plutôt que de descendre jusqu'au firent à Fin et à ses acolyte une chasse des plus
bourg, demeura-t-il dans ce village où il se fit porter mouvementée. Elles les poursuivirent à coups de pierres
plusieurs enfants qu'il baptisa et où il eut la consolation et ils ne durent leur salut qu'à la fuite.
d'administrer les derniers sacrements à la mère du maître Les biens de la paroisse, le domaine de la cure,
de maison, lui donnait ainsi, en échange des choses consistant en terres et prés au nord-est du bourg et aux
temporelles les grâces spirituelles les plus précieuses, environs de Vilotte et de Chez-Boisge, furent vendus
celles qui permettent de mourir en paix avec Dieu. “comme biens nationaux”. Leur vente produisit peu
Cette nuit, il dormit dans une étable à brebis. Il partit d'argent parce qu'on trouva difficilement les acquéreurs.
le lendemain matin pour Massignac, les Salles Enfin. Lorsqu'à la suite du Concordat, le culte fut
Lavauguyon, Saint-Mathieu, Videix, etc. et quelques rétabli, la paroisse possédait uniquement les murs à peu
mois plus tard, victime d'une infâme dénonciation, il près nus de l'église. Est-ce pour cette raison que l'abbé
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