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Charente (16) Confolens arrondissement - 135

        Ces revenus en se multipliant avaient fait une situation d'ailleurs à des agents sans scrupules, ne procura à la
        prépondérante au clergé, sans peser lourdement sur le nation qu'une somme dérisoire. On eut beau y joindre
        débiteur,  (car  la  dixme  ne  s'élevait  pas  toujours  au les  biens  des  émigrés,  on  ne  put  éviter  la  hideuse
        dixième du revenu, elle n'était souvent qu'au 13  ou au banqueroute, et les “assignats” sont restés, dans l'esprit
                                                            e
        16 , quelquefois au 20  du revenu). Le curé de Cherves, du peuple français, comme le symbole d'une des plus
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        le 11 juin 1748, pouvait affermer à Louis Blanchier et à malheureuses opérations de l'Etat, tant il est vrai que:
        Pierre  Labbé  les  diverses  dixmes,  à  lui  dûs  dans  la “le bien mal acquis ne profite jamais.”
        paroisse,  pour  845#  en  argent,  plus  8  boisseaux
                                                                                               XXIX
        d'avoine, 160 fagots de paille et trois paires de poulets,
        le tout payable annuellement.                                                      Municipalité

        En  1756,  Pierre  Fauconnier,  prieur  de  Châtelars,  et
                                                                     Aujourd'hui  la  France,  au  point  de  vue  religieux,  est
        chanoine de la cathédrale d'Angoulême, affermait les         subdivisée en paroisses, et au point de vue administratif
        droits de dixmes, à lui dus dans les quartiers de Fougères   en  communes.  Avant  la  Révolution  la  subdivision
        et de Chez-Veyret, moyennant 200# annuelles.                 administrative en communes n'existait pas .
                                                                                                                  127
        En 1790, le curé de Châtelars, dans la déclaration de son
                                                                     Dans les campagnes la paroisse était la cellule sociale, le
        revenu  faite  à  la  municipalité,  estime  le  revenu  des  seul  groupement  reconnu,  ayant  pour  gérer  son
        dixmes dont jouissait la cure de Châtelars à 1,280#, dont    temporel un syndic choisi par les habitants et chargé de
        780# sur la paroisse de Châtelars, et 500# à percevoir       provoquer leurs assemblées, d'en indiquer l'heure et le
        dans  les  quartiers  de  Fougères  et  de  Chez-Veyret,     jour, de les présider, d'y faire connaître les décisions de
        paroisse  de  Cherves,  en  vertu  de  la  fondation  des    M. l'Intendant de la province et les Ordonnances du Roi.
        seigneurs de Montbron.
                                                                     Le syndic réunissait les habitants de la paroisse, à la porte
        La perception de ces divers revenus n'allait pas sans        de l'église presque toujours; ils élisaient ou réélisaient les
        quelques difficultés. Quand s'éloigna dans la nuit des       fabriciens chargés de la gestion des biens de l'église qui,
        temps la date de la fondation de ces redevances, les         avec la cure et le cimetière, formaient généralement les
        débiteurs trouvèrent la dette onéreuse, injustifiée. Il ne   biens paroissiaux.
        manqua pas à travers les siècles de débiteurs grincheux
                                                                     A  la  veille  de  la  Révolution  ce  furent  les  principaux
        prêts à nier leurs dettes ou à en contester la légitimité.
                                                                     habitants ou Notables de chaque paroisse, réunis par le
        L'esprit  de  chicane  s'en  mêlant,  quelques-un  s
                                                                     syndic,  qui  rédigèrent  les  cahiers  des  doléances.  Ces
        cherchèrent à s'exonérer de ces charges par des moyens
                                                                     cahiers seraient intéressants à consulter et à reproduire,
        injustes  de  là  des  procès  souvent  renouvelés  qui
                                                                     malheureusement  ceux  de  Cherves,  comme  ceux  de
        obligèrent parfois les membres du clergé à affermer leurs
                                                                     Châtelars, sont aujourd'hui perdus.
        droits  de  dixmes  à  des  caractères  énergiques  qui
        poursuivirent âprement à leur profit la perception de la Nous savons seulement par de Chancel (l'Angoumois
        dixme.                                                       en 1189) que les paroissiens de Châtelars, comme ceux
                                                                     de  plusieurs  autres  paroisses,  demandaient  la
        La Constituante vota l'abolition des rentes seigneuriales
                                                                     suppression des religieux rentes, et l'application de leurs
        et des dixmes, sans rachat; elle fit ainsi un cadeau gratuit
                                                                     revenus à des œuvres d'instruction pour le peuple.
        de 194 millions aux propriétaires et ruina bon nombre
        de personnes qui vivaient de revenus très légitimement L'assemblée nationale supprima l'ancienne division par
        possédés par actes authentiques.                             provinces et chatellenies, et le 14 décembre 1789, décida
                                                                     une nouvelle division administrative par départements,
        Cette opération ne rapporta rien à l'Etat qui courait à la
                                                                     districts  et  cantons.  A  la  paroisse  on  substitua  la
        faillite. L'Assemblée nationale s'étant emparée aussi des
                                                                     commune avec son maire et ses officiers municipaux
        biens-fonds  du  clergé,  la  vente  de  ces  biens  devait
                                                                     élus, qui devaient former un corps délibérant, chargé de
        garantir une émission de papier monnaie.
                                                                     la gestion des intérêts temporels se référant à cette partie
         Mais ces biens enlevés au clergé ne produisirent pas ce     du territoire national.
        qu'on attendait; les consciences chrétiennes répugnaient
        à l'achat de ces biens volés, et leur liquidation, confiée
                                                                     127  Il  n'y avait point d'état civil distinct de l'état religieux en France
        propriétaires.                                               avant la Révolution.

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