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Charente (16) Angoulême arrondissement - 973
Quand cette chapelle dont je parle fut renfermée nous arrêter pour nous faire comprendre à quel prix
dans l'enceinte des nouveaux remparts, à la fin du la société moderne a conquis la liberté de pensée!
XII siècle probablement, on en construisit une autre
e
Toujours et partout, les pieds dans le sang, et sous
à l'extérieur, plus simple, plus petite, sous la plate- les yeux, des ruines Catholiques et protestants
forme où aboutit l'ancien escalier des promenades.
semblent se disputer le triste honneur d'avoir le
Cette chapelle qui existe encore s'appelle
dernier mot dans cette lutte de carnage et de
vulgairement la Grotte.
destruction; loi fatale de l'humanité qui veut que
Impossible de jeter quelque lumière sur cette époque toute société nouvelle ne se constitue qu'en écrasant
aussi désastreuse que peu connue qui a nom guerre brutalement ses aînées.
de Cent-Ans, guerre de pillards, batailles locales de
Le château de Villebois ne pouvait manquer de servir
ville à ville, de château à château, sur laquelle nous
de refuge aux divers partis qui, par ces temps de
n'avons que des données tout à fait incertaines et guerre civile, parcouraient le pays.
trop succinctes pour offrir le moindre intérêt.
Villebois subit probablement plusieurs sièges. Le En 1590, après la bataille d'Ivry, une bande de
frère de Charles V, le terrible comte Jean de Berry, ligueurs vint s'y jeter et domina pendant quelque
s'en empara en 1376 sur les Anglais qui y tenaient temps toute la contrée. Fortifié par une double
garnison et rançonnaient le pays. Sa mémoire est enceinte, flanqué de tours et entouré de fossés
longtemps restée chère aux paisibles laboureurs de profonds, le château était une place très forte à cette
cette contrée qui lui durent quelque sécurité. époque où l'artillerie était encore dans l'enfance de
l'art. On ne pouvait, du reste, aborder la place avec le
Après les Ithier, Villebois était passé aux Lusignan. A canon que d'un seul côté, et ce côté était défendu
ceux-ci succédèrent les Sires de Mareuil, qui
par de l'artillerie. — Le duc d'Épernon, qui avait à se
possédèrent la baronnie jusqu'en 1576, époque où
faire pardonner ses exploits dans la Ligue, rentré
Gabrielle de Mareuil épousa Nicolas d'Anjou,
dans son gouvernement d'Angoumois, voulut
marquis de Mezières, et lui porta en dot son prouver à Henri IV son dévouement de date récente
héritage. Puis Jean-Louis de La Valette, duc
et vint mettre le siège devant la place, pour en
d'Épernon, pair et colonel de France, lieutenant
chasser les rebelles. Inutile de dire que son intérêt
général du roi, gouverneur des provinces de
personnel lui commandait assez cette conduite. Il fut
Guienne, de Saintonge et d'Angoumois, titres et reçu tout d'abord par une fusillade des mieux
fonctions qu'il devait à la munificence prodigue de
nourries. La garnison n'avait pas craint de prendre
Henri III, dont il était un des favoris, acheta la
l'offensive; mais, repoussée par les troupes du duc,
seigneurie de Villebois à beaux deniers comptants.
elle fut contrainte de s'enfermer dans la place, sous la
La famille de Mareuil avait laissé quelque souvenir de protection de ses batteries. A force de bras,
son passage dans la baronnie: Guy de Mareuil, en d'Épernon fit établir son artillerie sur la colline, en
1510, avait fondé un couvent des Augustins où il fut face du château, à l'endroit même où se trouve
inhumé, conformément aux intentions exprimées aujourd'hui le cimetière. Servis par d'habiles artilleurs,
dans son testament. Avant l'acquisition faite de ses canons battirent en brèche les murailles et les
Villebois par le duc d'Épernon, la ville avait été le tours et, victorieux à la suite d'un assaut
théâtre de scènes terribles. De 1568 à 1569, avant et vigoureusement mené et d'ailleurs vigoureusement
après la bataille de Jarnac, les protestants s'étaient soutenu, ses hommes pénétrèrent dans la place et
emparés de Villebois et, pris de cette folie furieuse de firent main basse sur les défenseurs. Tout troué qu'il
tous les sectaires persécutés qui se vengent de était par les boulets, le vieux château plut au duc; il
cruelles injures, alors qu'ils se sentent les plus forts et l'acheta et le fit immédiatement réparer. Ce fut sa
qu'ils prévoient que cette puissance éphémère va résidence habituelle dans les loisirs que lui laissaient
d'un moment à l'autre leur échapper, ils se livrèrent ses intrigues de cour. — On sait quelle part il prit au
là, comme, partout sur leur passage, aux plus gouvernement après le fatal assassinat d'Henri IV,
déplorables excès. Affreuse époque scènes dont il fut témoin, et dont certains historiens même
sanglantes, dont il faudrait détourner la vue, si l'ont accusé d'avoir été peut-être complice. Quoi qu'il
l'implacable histoire ne nous forçait à chaque pas à en soit, Marie de Médicis n'eut pas de plus chaud
partisan; c'est à lui qu'elle dut la régence sans
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