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Charente (16) Confolens arrondissement - 72

             “Le  pain  était  noir  et  grossier,  le  vin  âpre  et La maçonnerie des trois petits autels est encore debout
             répugnant,  la  morue  rance  et  dégoûtante,  les dans  ces  ruines,  et  sur  le  maître-autel  a  poussé  un
             légumes,  toujours  des  haricots,  étaient  tellement ormeau sauvage qui semble né là pour mettre ces pierres
             vieux qu'ils étaient rebelles à la cuisson. La viande, à l'abri de profanations plus grandes.
             prescrite sept fois par décade, faisait souvent défaut;
                                                                     Autour  des  ruines  de  l'église  gisent  les  vestiges  de
             et si la piété des fidèles du pays et du voisinage
                                                                     l'ancien cimetière, dans lequel passe aujourd'hui la route
             n'était venue au secours de ces pauvres déportés, la
                                                                     de Cherves à Chasseneuil, par Plaimbost.
             plupart,  parmi  les  vieillards  surtout,  auraient
             succombé”                                               Quelques pierres tombales éparses témoignent encore
                                                                     que là fut jadis le champ du repos et de la prière, et qu'au
        dit M. l'abbé Manseau, qui a puisé à des sources sûres,
                                                                     milieu  de  ces  ruines  lamentables,  des  cendres
        confirmées  d'ailleurs  par  les  relations  officielles  de
                                                                     chrétiennes  attendent  le  jour  de  la  résurrection
        l'administration  municipale  de  Saint-Martin-de-Ré,
                                                                     glorieuse.
        conservées aux archives de la Charente-Inférieure (L.
        S. L.)                                                                         Prieuré de Châtelars
        Pierre Volluire survécut à ces privations et fut relâché Un prieuré important exista jadis à Châtelars-la-Rivière;
        de nouveau le 17 mai 1800.                                   ce  prieuré  régulier,  de  Sainte  Marie  Madeleine  de
                                                                     Châtelars, dépendait de l'abbaye de Cluny, fondée en
        Rentré encore dans sa famille, comme la plupart des
                                                                     909 ou 910.
        autres  confesseurs  de  la  foi,  il  exerça  le  ministère
        ecclésiastique autour de lui, ce qui fait qu'on le retrouve Quand les membres de cette illustre abbaye vinrent-ils
        faisant du ministère à Châtelars de 1800 à 1806.             s'installer à Châtelars-la-Rivière? On peut croire que ce
                                                                     fut  pendant  la  seconde  moitié  du  XI   siècle  ou  au
                                                                                                                 e
        Châtelars comme paroisse fut définitivement supprimé
                                                                     commencement du XII , mais aucun documentée vient
                                                                                               e
        le 30 septembre 1807  et son territoire réuni à Cherves
                               50
        pour le culte; son église était dans le plus mauvais état;   nous  fixer  sur  ce  point.  Toutefois,  dans  la  Vie  de
        on fit quelques réparations à la façade vers 1829 et on      Saint-Bernard  par  Jeoffroy  de  Clairvaux,  son
        repassa la toiture, mais le tillage ou plancher intérieur    contemporain,  on  trouve  que  vers  le  milieu  du  XII  e
                                                                     siècle cet illustre abbé fit un miracle dans un lieu nommé
        servant de voûte s'en allait en lambeaux, tout culte y
        cessa bientôt. Puis par ordonnance royale du 27 août         Chastelare, en Engoumois, que la plupart déclarent être
        1845, Châtelars perdit même son titre de commune et          Châtelars-la-Rivière.
        son  territoire  fut  réuni  à  celui  de  Cherves-de- Du  fait  d'un  miracle  accompli  par  saint  Bernard  à
        Montembœuf  qui  prit  alors  le  nom  de  Cherves- Châtelars  en  Engoumois,  quand  il  serait  établi  sans
        Châtelars.                                                   conteste possible, que ce Châtelars en Engoumois ne

        A  cette  époque  (1846),  on  descendit  et  transporta  à  peut-être que Châtelars-la-Rivière, on ne pourrait pas
        Cherves la cloche de Châtelars, qui fut d!abord déposée      conclure d'une façon absolue, mais on aurait de très
                                                                     fortes présomptions de croire que le prieuré de Sainte
        dans l'église, puis, un peu plus tard, installée dans le
        clocher de Cherves où elle se trouve encore.                 Marie-Madeleine y existait à cette époque.
        La vieille église de Châtelars abandonnée, se désagrégea     Les  deux  évêques  de  Limoges  et  d'Angoulême  ont
        vite sous les injures du temps, et sa toiture s'effondra     manifesté  à  saint  Bernard  le  désir  de  le  voir  et  de
                                                                     s'entretenir  avec  lui,  il  leur  donne  rendez-vous  aux
        par lambeaux. Aujourd'hui il n'en reste plus que les murs
                                                                     confins de leurs deux diocèses, il célèbre la sainte messe
        qui s'effritent chaque jour davantage; les panneaux de
        la porte pendent encore lamentablement à leurs gonds,        en  leur  présence;  et  devant  une  foule  attirée  par  la
        le pavé disparaît sous les débris de tuiles, les ronces et   présence de deux évêques, le saint religieux, pour édifier
                                                                     cette foule, opère un miracle. Toutes ces circonstances
        les lianes.
                                                                     portent à croire que saint Bernard, pour donner rendez-
                                                                     vous à deux évêques à Châtelars plutôt qu'ailleurs, avait
        50 L'abbé Pierre de Volluire fut alors nommé curé de Rouzède;
                                                                     déjà  là  des  religieux  chez  lesquels  il  pouvait  offrir
        il devint curé de Suaux en 1816: puis il rentra plus tard à Poitiers,  l'hospitalité aux deux prélats avec les honneurs dûs à
        son diocèse d'origine. Le nécrologue de ce diocèse, placé à la
                                                                     leur rang.
        suite de l'Ordo de 1837, dit qu'il mourut en 1836, nonagénaire,
        “ancien curé de Moncontour”.

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