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Charente (16) Confolens arrondissement - 67

        Jean-Joseph Vigneron , ordonné prêtre le 18 décembre           Ce Pierre Bastier, qui eut un frère, Bernard Bastier,
                                43
        1751, fut nommé curé de Châtelars en 1752.                    curé de Goncourt (Haute-Marne), mis à mort pendant

        Il  prit  possession  de  ce  poste  en  janvier  1752  et  y  la  Terreur,  était  fils  de  Pierre  Bastier  et  de  Marie
        demeura sept ans.                                             Guerguigne, qui, le 9 juin 1761, avaient affermé le fief
                                                                      de  Châtelars.  Le  père  ne  vit  pas  son  fils  curé  de
        Pendant  son  ministère,  des  réparations,  demandées
                                                                      Châtelars; il était mort le 30 septembre 1762; (sa femme,
        depuis  longtemps,  furent  exécutées  à  l'église  de
                                                                      Marie Guerguigne, lui survécut de quatre ans et mourut
        Châtelars. Une imposition extraordinaire de 240 livres,
                                                                      le 22 juin 1766).
        votée par la communauté paroissiale de Chastelars-la-
        Rivière,  avait  été  approuvée  par  l'Intendant  de  la     Durant le cours de son ministère à Chastelars, Pierre
        Généralité,  qui  en  avait  ordonné  la  perception  par     Bastier s'absenta souvent pour veiller aux intérêts de la
        ordonnance  du  22  juin  1750.  Les  travaux  de             chapellenie dont il était pourvu en l'église Saint-Pierre
        restauration, ainsi approuvés, furent exécutés en 1754,       et Saint-Paul, à Langres (Haute Marne). Il se faisait alors
        par  Jean  Martin,  maçon,  demeurant  au  bourg  de          remplacer à Châtelars par les confrères du voisinage et
        Mazières, et Jean Bellamy, du village de Lâge, paroisse       aussi,  pendant  une  période  assez  longue,  par  un  de
        de Suaux, entrepreneurs de réparations de l'église de         Volvire, qui paraît être un membre de la famille Volvire,
        Châtelars. Par acte                                           de Brassac, probablement prêtre libre, qui signe parfois
                                                                      sur les registres: “desservant Chastelars en l'absence du
        Prévost, notaire à Mazières, ils donnèrent, le 23 août
                                                                      curé titulaire”.
        1754, quittancé de 99 livres, faisant final paiement delà
        somme  de  240  livres  portée  par  l'ordonnance  de  M.     Le  15  mai  1769,  Marie  Bastier,  femme  de  François
        l'Intendant.                                                  Mouroux, dans son testament, demande à être enterrée
                                                                      dans l'église du présent bourg de Châtelars, qu'il y ait
        Le 27 octobre 1759, l'abbé Vigneron aurait été transféré
                                                                      deux prêtres à son enterrement, qu'ils viennent faire la
        à l'archiprêtré de Saint-Genis-les-Meulières; il dut alors
                                                                      levée du corps; elle lègue par le présent testament cent
        cumuler ces deux titres, car jusqu'au 5 mars 1764, il
                                                                      livres à Mr Bastier des Rivières, curé de Châtelars, pour
        continue d'accomplir le ministère paroissial à Châtelars,
                                                                      faire deux services durant le mois après son décès et
        et Michel Thomas, que M. l'abbé Nanglard 44 désigne
                                                      44
                                                                      l'excédent pour être employé en messes de Requiem
        comme transféré du vicariat d'Aignes, ne résida presque
                                                                      pour le repos de son âme.
        jamais  à  Châtelars  et  n'y  a  fait,  en  réalité,  que  deux
        enterrements, en l'année 1764 45. Peut-être en avait-il       Cet abbé Bastier parait avoir d'abord vécu en bonne
                                         45
        le titre de curé et laissait-il administrer la paroisse par   intelligence avec son frère Philippe Bastier, du Temple,
        l'abbé                                                        qui devenu licencié en droit, arrenta le fief de Châtelars
                                                                      et se fit avocat. Mais après 1772 ils se brouillèrent et
        Vigneron,  qui,  vers  1762,  signe:  "vigneron,  vicaire
                                                                      eurent  de  fréquentes  querelles  d'intérêts  et  de
        desservant  Chastelars".  (D'ailleurs,  l'abbé  Vigneron,
                                                                      nombreux procès, où l'avocat Philippe Bastier ne brille
        d'après le Pouillé historique, pourvu du titre de Saint-
                                                                      pas par sa droiture. Le curé, obligé de défendre ses
        Genis-les-Meulières en 1759, aurait été nommé curé de
                                                                      intérêts, les défend d'ailleurs avec âprêté et ne veut en
        Saint-Amand-de-Grave en 1761, et n'aurait résigné son
                                                                      rien  laisser  prescrire  les  droits  de  sa  cure  et  de  son
        titre de Saint-Genis-les-Meulières qu'en 1772).
                                                                      prieuré, quand il est en possession du titre de prieur de
        Le 12 novembre 1764, Pierre Bastier des Rivières devint Châtelars.
        curé de Chastelars.
                                                                      Selon la condition du clergé de cette époque, ce curé
        Il fut en même temps prieur de Châtelars, de 1773 à s'occupe d'intérêts matériels; il achète, vend ou échange
        1781; il obtint ensuite le titre de chapelain de la Trinité des immeubles; c'est ainsi que le 21 avril 1770, il achète:
        en Saint-Pierre et Saint-Paul, à Langros.                     1.- de Léonard Queyman, demeurant à Fougères, un
                                                                      bois de châtaigniers, sis aux Jaulières et mouvant du
                                                                      Logis de Châtelars;
        43  Originaire  à  peu  près  certainement  de  Vitrac,  paroisse
        limitrophe de Châtelars.                                      2.-  de  René  Queyman,  une  pièce  de  terre,  sise  aux
        44 Pouillé historique du diocèse, tome II, page 113.
                                                                      Jaulières, et un bois de châtaigniers aussi au même
        45  Il devint curé de Magnac-Lavalette en août 1767 et y demeura
        jusqu'à  la  suppression  du  culte,  en  1793.  Il  mourut    avant  le
        Concordat (Pouillé, tome II, page 402).

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