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Charente (16) Confolens arrondissement - 74
riche et beaucoup plus soignée que la première. Les latéraux, la tour, et de la nef ils effondrèrent la voûte et
chapiteaux des colonnes furent superbement fouillés, ne laissèrent subsister que des pans de murailles.
dans le genre de ceux de la cathédrale d'Angoulême.
Quand la tourmente fut passée, la foi s'était affaiblie;
D'après les débris, épars ça et là, il semble même que
l'élan religieux était brisé par la présence des adeptes de
l'artiste a suivi un thème religieux et qu'il a cherché à
l'erreur et par la crainte de voir se renouveler les
reproduire par son ciseau le premier récit de la Bible,
déprédations passées; les puissantes créations religieuses
car un des chapiteaux (aujourd'hui à Barrufeau) porte
du Moyen-Age ne devaient plus dans ce pays que traîner
d'un côté deux personnages, dont l'un paraît être une
une existence anémiée et misérable. L'ancien prieuré de
femme cueillant un fruit à un arbre, et sur l'autre côté
Châtelars-la-Rivière, dont les revenus n'étaient plus que
le présentant à un autre personnage, qui paraît être un
de 800# en 1630, ne fut point relevé de ses ruines; un
homme.
prieur y fut pourtant nommé pour percevoir les fruits
Il serait intéressant de s'assurer par des fouilles: des biens échappés au désastre, mais il fut dispensé de
la résidence.
1.- si le choeur, de roman fleuri, était un demi-cercle
sans absidioles; Le roi Louis XIII ayant prescrit, en 1629, une enquête
sur l'état des bénéfices dans le diocèse d'Angoulême,
2.- si dans les latéraux il y avait des absidioles?
Joseph Wenelle, archiprêtre d'Orgedeuil , fournit la
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Une question intéressante aussi, mais qui ne sera déclaration suivante au sujet du prieuré de Châtelars:
probablement jamais élucidée, serait de savoir si le
transept avait une coupole, et si cette coupole était “II y a un autre prieuré du même ordre (que celui
de Montbron) appelé du Chastelard, avecque droit
surmontée d'une flèche formant clocher?
de justice. On faict état qu'il vaut huict cent livres
Il est fort probable que lorsque ce magnifique chœur de renthe. Il est presque ruyné, le service mal faict
fut achevé, les religieux laissèrent la nef de l'église à parce qu'il est tenu en confidence et quisque
l'usage des fidèles de la paroisse qui s'était groupée (quelque) gentilhomme voisin en prend les fruits,
autour d'eux, et se réservèrent seulement le choeur pour comme il nous a été rapporté.”
les offices de la conventualité.
Un pouillé de Cluny, du début du XVII siècle, ne fait
e
Le prieur de Châtelars était décimateur de la paroisse, même plus mention de Châtelars.
et y possédait droit de justice. Cette dotation devait
Ce qui restait de la nef de l'ancienne église après le
venir, comme la fondation elle-même, de la famille des
passage des protestants fut, comme on l'a vu plus haut
Montbron.
(chapitre IV), sommairement réparé par les habitants
D'après le Pouillé du diocèse, l'abbé de Cluny conférait de Châtelars pour leur servir d'église paroissiale, mais
le titre de prieur. Le plus ancien des religieux dont le le chœur, le transept, les latéraux de l'ancienne église, et
nom nous soit parvenu serait: même la voûte de la nef ne furent point rebâtis.
Pierre Boursier, profès de Saint-Cybard et sacriste de Dans les ruines de l'ancien prieuré, les titulaires, quoique
Jarnac, nommé en 1449 et qui aurait permuté avec le dispensés de résidence, réédifièrent pourtant la maison
suivant: que l'on voit encore aujourd'hui au sud des ruines de
Pierre Barreau (Barelli), qui, passé de Saint-Cybard à l'église. Cette maison servit presque toujours
Cluny, est nommé le 18 août 1651; mais il revint à d'habitation au prêtre desservant Châtelars. Quand les
Saint-Cybard quelques années après. prieurs n'étaient pas en même temps curés de Châtelars,
ils louaient généralement cette maison au curé, comme
Un Pierre Barreau (Baravelli) paraît le 24 mai 1691,
on l'a vu au chapitre précédent. Cet état de choses
serait-ce le même?
existait encore à la veille de la Révolution.
Vinrent les guerres de religion, les protestants installés
De ces prieurs nommés à Châtelars, après les
à La Rochefoucauld et à Chasseneuil, étendirent leurs
dévastations protestantes, on trouve:
déprédations dans le pays. A Châtelars-la-Rivière ils
52 Cherves et Châtelars dépendaient de l'archiprêtré d'Orgedeuil
ruinèrent l'église et détruisirent en grande partie les
avant l'ordonnance épiscopale du 24 janvier 1761, qui modifia
bâtiments du prieuré (1569). De l'église ils abattirent le
l'étendue des archipretrés du diocèse, et fit passer les paroisses
magnifique chœur à l'usage des religieux, le transept, les de Cherves et de Châtelars, dans l'archiprêtré de Chasseneuil où
elles demeurèrent jusqu'au Concordat.
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