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Charente (16) Confolens arrondissement - 626

        Lorsque les taillis ont une quinzaine d'années et que les Ces  ouvriers  sans  salaire,  sans  direction,  perdant  un
        rondins ne peuvent être débités en feuillards par suite temps précieux en allées et venues qui fatiguaient leurs
        de leur grosseur, on les transforme en merrains destinés bêtes, faisaient des routes défectueuses et y mettaient
        à  la  fabrication  des  futailles,  ou  en  piquets  pour  les un  temps  considérable.  En  1761  survint  Turgot,
        vignobles.                                                   Intendant du Limousin; il imagina le système suivant:

        Depuis que le bois à feu est hors de prix et depuis que “D'abord  un  ingénieur  fait  le  tracé  et  le  devis  d'une
        la maladie de l'encre s'acharne sur nos châtaigneraies, route. La route est divisée en chantiers, on évalue le
        beaucoup d'arbres sont abattus et débités sur place par travail  de  chaque  chantier  et  ce  sont  les  paroisses
        les bûcherons ou les scieurs de long, car les grumes, voisines qui en sont Chargées”.
        généralement éloignées de toute voie carrossable, sont
                                                                     Ainsi  commença  l'ébauche  de  notre  vieux  réseau  de
        intransportables.
                                                                     chemins chaotiques.
                       Voies de Communication
                                                                     Il ne suffisait pas de créer des voies de communication,
                                                                     il fallait les entretenir. Les routes à la saison des pluies
        Les Romains maintenaient leurs troupes dans des camps
                                                                     devenaient par endroits de vraies fondrières, tel l'ancien
        à proximité des villes, aussi des voies stratégiques étaient
                                                                     chemin de Roussines à Montembœuf par la vallée de
        indispensables pour leur déplacement rapide. Le Nord-
                                                                     Luffier, où tous les ans la circulation était interrompue.
        Est du département était sillonné par un grand nombre
                                                                     Alors  elles  furent  divisées  en  cantons  (Roussines
        de voies dont Chassenon était le centre; l'une d'elles, la
                                                                     dépendait de Montembœuf), un homme était chargé de
        voie Chassenon Périgueux passait à très peu de distance
                                                                     surveiller chaque canton, de le parcourir, de réparer les
        de Roussines et à proximité des camps de la Gillardie
                                                                     “mauvais pas”: les cantonniers étaient créés.
        et  d'Ecossas.  Les  Gaulois  utilisèrent  ces  routes
        primitives et c'est une “hérésie” de dire que le Moyen Aussi, en 1789, Arthur Young voyageant en Limousin
        Age ne faisait rien pour les voies de communication; ne cesse de faire l'éloge des routes empierrées, bordées
        car, s'il employait les voies romaines, il les a entretenues d'arbres et qui semblent dans certains endroits “créées
        par  les  Bachelleries,  tandis  que  les  grands  Montins pour le plaisir des yeux”. Turgot parti, ses ordres et ses
        refaisaient les ponts.                                       conseils furent vite oubliés et les chemins redevinrent
                                                                     des pistes: tout devait se transporter à dos de mulet,
        En 1605, Malherbe faisait de poétiques prières pour le
        roi Henri allant en “Limosin”. Par ses voies étroites, où    malheur au paysan qui osait affronter les fondrières avec
                                                                     sa  charrette  à  bœufs.  Napoléon  I   dédaigna  les
                                                                                                               er
        fondrières  et  escarpements  se  succéda  presque  sans
                                                                     campagnes  et  s'occupa  surtout  de  ses  grandes  voies
        interruption,  les  évêques  du  temps,  véritables
                                                                     stratégiques. Il fallut arriver au second empire pour voir
        inspecteurs de leur diocèse, se voyaient souvent obligés
        de remplacer leurs chevaux par des attelages de bœufs.       commencer  notre  réseau  actuel.  De  bonne  heure,  le
                                                                     Conseil municipal s'émut de l'isolement de la commune
        A  ces  entraves  à  la  circulation  venaient  s'ajouter  les
                                                                     et voulut faire construire de bonnes routes capables de
        péages et les douanes. Par suite, les habitats ne pouvaient
        pas, en cas de disette locale, utiliser les ressources des favoriser l'essor industriel et commercial de la région.
        généralités voisines, et, en cas d'excédent de récoltes, Voici une délibération significative:
        vendre  à  ces  provinces.  Ainsi  les  récoltes  d'automne
                                                                         “Session ordinaire du 10 mai 1839. Le Conseil a
        1708, châtaignes, blé noir, ayant été détruites par les
                                                                         l'honneur d'observer à Monsieur le Préfet que la
        pluies, les paysans vécurent sur leurs réserves. La récolte
                                                                         commune  de  Roussines,  qui  consiste  en  1,218
        de 1709 fut presque nulle, tout le Roussinois était dans         habitants,  qui  a  beaucoup  de  forges  à  battre  fer,
        la  famine,  tandis  que  les  proches  régions  du
                                                                         hauts  fourneaux,  que  pour  transport  de  tous  ces
        Montbronnais et du Périgord étaient dans une aisance
                                                                         matériaux       qui     sont     nécessaires      pour
        relative.
                                                                         l'approvisionnement de ces établissements ainsi que
        Le mauvais état des routes provenait de la “corvée”. Les         le bois d'industrie que les propriétaires font exploiter
        journaliers  ou  agriculteurs  qui  seuls  travaillaient  aux    qui  consiste  en  planches  en  mairains  de  toutes
        routes étaient ceux qui devaient le moins s'en servir.           espèces, barriquage, les foins et paille, le fer, la fonte
        Souvent même on les faisait venir de si loin qu'ils ne           qui  se  fabrique  dans  toutes  les  forges  de  cette
        repassaient jamais plus aux endroits où ils avaient peiné.       commune ainsi que celles environnantes.



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