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Charente (16) Confolens arrondissement - 624
Extraits d'une Monographie de la
Commune de Roussines
(Géographie humaine)
G. Mandon, instituteur à Roussines
Industrie dangereux, on commençait un nouveau puits. La plupart
de ces entonnoirs existent encore aujourd'hui; perdus
1.- Les Forges
dans des halliers, ils constituent un réel danger pour les
“Ainsi ce terroir aujourd'hui si morne, si pauvre, si chasseurs et leurs chiens.
dépeuplé et dont l'activité se mesure, semble-t’il, au pas La mine étant extraite, on la chargeait sur des bâts portés
lents de ses bœufs, portait en lui tous les éléments de à dos de mulets. Point de routes, quelques chemins
l'industrie humaine: le bois, la pierre, la terre plastique, défoncés: la charrette s'y embourbait et les rampes trop
les métaux. Il aurait pu connaître le ronflement des raides rebutaient les meilleurs attelages. Seul le mulet
usines, le souffle des hauts fourneaux, le grincement des parvenait sûrement à faire du travail utile. Toutes les
scieries, le grouillement des cités ouvrières ”. semaines on voyait passer les lentes caravanes qui
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Or, de cette richesse, seuls quelques noms: les forges allaient au Montison. Les mulets ployant sous le faix
du Montison, de Lavallade, du Pont-Rouchaud, avançaient de leur allure indolente et régulière. La
témoignent d'une activité passée. Mes nombreuses monotonie du voyage n'était troublée que par le
recherches, tant aux archives que dans la région, ne tintement des grelots ou les claquements de fouets. En
m'ont donné qu'un résultat infime, seuls quelques somme, avec beaucoup de peine et un temps infini, bien
souvenirs restent parmi les vieillards dont les jeux peu de minerai était transporté. Aussitôt arrivé on le
d'enfance se sont déroulés dans les ruines des cassait, à l'aide de massettes, en menus morceaux,
“fourneaux” du Montison, maintenant disparues. comme les cantonniers font de nos jours pour empierrer
les routes, puis on le lavait pour le débarrasser des
La forge du Pont-Rouchaud était la plus ancienne. Créée
matières terreuses. Le lavage était des plus rudimentaires:
par le marquis de Montalembert, elle devait, avec
imaginez une énorme balance identique aux na'ora dont
d'autres forges, alimenter la grande fonderie de Ruelle,
les Arabes se servent pour puiser l'eau. Les plateaux
naissante à cette époque; aucun vestige n'en est subsisté.
étant chargés de minerai s'enfonçaient alternativement
Les plus florissantes étaient les forges du Montison. dans les eaux de l'étang. Lavé, on le mettait avec du
Construites vers 1800 par le marquis de Bourdage, elles charbon de bois dans le “fourneau”. Deux hauts
atteignirent leur apogée vers 1820 et furent arrêtées en fourneaux brûlaient en permanence, l'un fut éteint en
1860. Le Montison était particulièrement bien situé pour 1837, l'autre continua jusqu'à l'arrêt complet de la forge.
cette industrie; de maigres gisements fournissaient le Il a été démoli il y à une trentaine d'années.
minerai, de grandes forêts avoisinantes procuraient le
Comme il fallait d'énormes quantités de charbon de bois
bois nécessaire et les deux étangs, celui du “Fourneau”
pour alimenter les forges, de nombreuses équipes de
et celui de “Forge basse” fournissaient l'eau qui
bûcherons mettaient en coupe réglée les forêts de
actionnait les roues hydrauliques.
Sauvagnac où des charbonniers travaillaient
Au début tout allait à souhait, mais les filons furent vite constamment.
épuisés, et les forges, en pleine action, allaient s'arrêter
Fondeurs et forgerons, environ quarante, étaient des
faute de minerai; il fallut donc s'en procurer à tout prix.
ouvriers spécialistes recrutés dans les célèbres forges du
On alla chercher “la mine” près des villages de
Périgord, tandis que le gros de la main-d'œuvre: mineurs,
Chassagne et des Chaumelles, commune de Taponnat-
charbonniers, bûcherons, muletiers, etc., étaient du pays.
Fleurignac. Les “tireurs de mine” creusaient à la pioche
des puits, les filons étant à “fleur de terre”. On semblait La production assez élevée comprenait les gueuses de
fonte brute expédiées dans les grandes fonderies pour
ignorer les principes et l'utilité de l'étayage; aussi quand
la profondeur du trou faisait craindre un éboulement être ouvragées; des plaques pour cheminées. (Dans
beaucoup de maisons on voit
1 D'après N. Sabord, Entre Tardoire et Bandiat.
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