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Charente (16) Confolens arrondissement - 239

        Il était d'origine limousine, des environs de Gorre ou       d'accord  pour  dire  que  ces  deux  hommes  ennemis
        de Saint-Mathieu et appartenait à une famille aisée, très    avaient annoncé publiquement leur intention réciproque
        honorable et des mieux apparentées.                          de se tuer.). Or, pendant l'office du jeudi-saint, Soulard

        C'est son frère Henri qui acheta les terres et maison de     qui, sans doute, avait vu Baubelat entrer dans l'église
        la  Redortière,  aujourd'hui  propriété  de  la  famille     pour assister à la cérémonie, alla chercher un pistolet et
        Henrotte.                                                    entrant à son tour dans la chapelle latérale où se célébrait
                                                                     l'office, tira sur lui et le tua.
          A  l'égard  de  ces  frères  Guingant  dont  plusieurs  se
        trouvaient prêtre en même temps, voici ce que nous            Il y avait pollution du sanctuaire. Il fallait procéder à sa
        avons trouvé:                                                réconciliation.  Mais,  en  attendant,  l'église  était  en
                                                                     interdit. L'évêque de Limoges qui ne pouvait, sans doute,
        Henri Guingand, nommé curé de Lésignac en octobre
                                                                     se  rendre  de  quelques  temps  à  Lésignac,  ordonna  la
        1687, mort le 3 mai 1710 et enterré dans le sanctuaire
                                                                     suppression de la partie de l'édifice où avait eu lieu le
        de l'église le 4.
                                                                     scandale. On mura les issues, puis on le démolit.
         Martial Guingand, frère du précédent, à la sépulture
                                                                                                 1789
        duquel il assiste ainsi que son jeune frère Henri, curé de
        Mouzon.                                                      Les temps s'assombrissent encore! Les mœurs privées
                                                                     se relâchent, la corruption gagne les classes inférieures
        Martial Guingand qui succéda à son frère comme curé
                                                                     de la société et se répand jusqu'au fond des campagnes.
        de Lésignac (1710) résigna sa cure à Robert Bourrée,
                                                                     Le vent de la révolte souffle partout à travers l'Europe,
        sous  réserve  de  480  livres  de  pension  au  mois  de
        septembre 1737.                                              mais particulièrement à travers la France. Nous sommes
                                                                     à l'aurore de 1789, nous sentons venir la révolution.
        Robert Bourré. Messire Robert Bourrée mourut le 13
                                                                     Cette  année  commença  fort  mal  à  Lésignac.  Depuis
        juin 1759, âgé de 58 ans, et fut enterré dans le cœur de
                                                                     quelques jours, une maladie épidémique sévissait avec
        l'église, sous “la petite cloche”.
                                                                     intensité  sur  la  population  de  la  paroisse  et  bientôt
        Guiot. II eut pour successeur Monsieur Guiot ou Guyot        exerça des ravages terrifiants. En effet, dans la première
        de Saint-Quentin, précédemment vicaire de Chassenon          semaine de janvier, 8 personnes succombèrent au mal.
        qui  se  retire  en  1770  pour  se  faire  missionnaire  à  Du 10 au 25, il y eut encore 4 décès. Sur ces 12 victimes,
        Limoges et qui confessa la foi dans les prisons de cette     5 sont des enfants de 3 à 10 ans, 4 des personnes adultes
        ville pendant la persécution révolutionnaire.                (17 à 30 ans) et 3 des vieillards. Le village du Raillard fut

                  Un meurtre commis dans l'église                    particulièrement éprouvé. Il y perdit 6 habitants.

                                                                     Quelle était cette maladie? Les actes de sépultures ne
         C'est ici, soit en l'année 1767 ou quelques années avant,
        dit la tradition, qu'il faudrait placer la narration du crime  nous révèle pas cela. Il est permis de supposer que son
                                                                     apparition  produisit  un  véritable  affolement  dans  la
        qui  ensanglanta  l'église  de  Lésignac  et  eut  pour
                                                                     population et que l'autorité jugea utile de prendre des
        conséquence  la  suppression  par  démolition  de  la
                                                                     mesures  urgentes  en  vue  de  donner  aux  morts  une
        chapelle qui en avait été le théâtre.
                                                                     prompte sépulture. C'est ce que viendrait confirmer la
        Notre curiosité piquée par l'indécision dans laquelle on     découverte  faite  il  y  a  quelques  années  dans  la  cure
        se trouve quant à l'événement dont il s'agit à suivre de     actuelle, d'une tranchée garnie de chaux; dans laquelle,
        très près les travaux de démolition de la partie de l'église  chose  surprenante,  avaient  été  inhumés  sans  bière,
        qui fut murée à cette occasion et les constatations que      plusieurs corps parmi lesquels les squelettes d'enfants
        nous avons faites nous ont confirmé dans cette opinion       étaient en plus grand nombre.
        que les travaux de suppression de cette chapelle doivent
                                                                                Convocation des États Généraux
        remonter  à  plus  de  140  ans.  Voici  le  fait  dans  sa
        matérialité:                                                 L'émoi causé par ce fléau était à peine apaisé que déjà
        Deux hommes de cette paroisse, l'un nommé Soulard            d'autres inquiétudes assiégeaient les esprits.
        et l'autre Baubelat s'étaient voués une haine mortelle.      Le dernier dimanche de février 1789, au prône de la
        (Les  personnes  qui  rapportent  cette  histoire  varient   messe paroissiale, le curé de Lésignac, messire Dupin
        quant à la cause première de cette haine, mais elles sont    de Bessac, lut en chaire diverses pièces qu'un huissier



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