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Charente (16) Confolens arrondissement - 440
“disant qu ’il n ’oserait venir avecq nous pour la crainte qu Darconnac, La Gueyrande et autres jusques au nombre de
’il a de ses personnages qui sont gens meurtriers et vagabons vingt ou vingt-cinq hommes, armés de pistolets et espées,
qui ne feraient aucune dijficulté de le thuer si tost qu ’ils lesquels ayant trouvé la porte fermée, en mesme instant les
l’auraient apperceu pour la hayne qui luy portent...”. uns la rompirent ou d’autres rompirent la porte de la
basse-court de fasson qu’ils entrèrent en ung moment, tous
Voici de nouveau des archers en route pour le bourg
criant: Mort Dieu ! Thue !”. Estants entrés, fermèrent la
de Massignac, où ils arrivent le 21, après avoir passé la
porte au nez de ladicte plaintive qui estait dehors et en mesme
nuit à St-Laurent sur Gore. Ils interrogent plusieurs
instant ouy comme ils luy rompaient son coffre, et peu de temps
témoins: Anne de La Charlonnye, 29 ans, épouse du
après, ayant ouvert la porte, elle plaintive estant entrée, auroit
plaignant; Léonard Desvergnes dit Souchier laboureur,
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veu lesd. personnages dehors les transportants ailheurs,
du bourg de Massignac; Catherine de La Salmonye,
quelque remontrance qu ’elle leur peu faire, luy présentant à
épouse de Léonard Desvergnes; Marie de Goisches [?],
tous comptes le pistolet à la gorge, disant que par la mort
servante d’André du Solier; Demoiselle Jacquette de
Dieu, si elle faisait la moindre résistance du monde, ils la
Moussy, 60 ans, mère du baron des Etangs, et sa fille
thueroient, qui fust subiect, veu la crainte que led. Péril, son
Isabeau Chasteigner. Comme toutes ces dépositions se
frère et autres sus nommés ont baillé ou baillent journellement
recoupent, il suffit de prendre celle de l’épouse du
à tous ceulx dud. bourg, qu’elle se retira... craignant qu’ils
plaignant, la mieux documentée:
la thuassent. Du despuis... estant rentrée dans saditte maison,
“...avons trouvé la femme dudict du Solier, toute esplorée,
auroit trouvé qu’ils auroient emporté tous leurs tiltres ou
laquelle nous a requis justice de ce que la maison de son mary obligations, or, argent, bagues et joyaulx, blez tant seigle que
auroit esté vollée et pillée hostillement par les ennemis de
froment ou baliarge jusques au nombre de cent cinquante
sondict mary, et le tout porté en la maison du nommé le Péril,
sestiers, ses licts linge ou autres meubles, estant le tout, sans
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l’ung des principaulx ou plus affectionnés aud. vol, lesquels,
les papiers, de la valeur de plus de douze cents escutz, dit sans
se couvrant du manteau de justice, disoint qu ’ils estoint en aussi y comprendre aussi une malette des Jésuistes plaine de
vertu d’une sentence du prévost de Sivray combien qu 'elle
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papiers de grande importance...” .
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n’aye apperceu aucun sergent , ains estoit led. Péril et ses
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On peut remarquer que, comme c’est presque toujours
complices qu ’elle entend nommer par sa plainte, et des
le cas dans ce genre de documents, l’énoncé de l’identité
laquays qui emportaient son bien; sur quoy, estant entrés
dans la chambre de lad. maison, l’auroient trouvée vaste et des personnes incriminées reste vague, surtout pour
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nous, et il faut chercher dans plusieurs actes pour arriver
desnuée de tous meubles, cy ce n ’est des meubles de boys
à la retrouver. Le fameux Péril était Pierre de La
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comme coffres ou chaslits, tous rompus ou brisés, qui monstre
Salmonye, et son frère Abraham, fils de feu N. de La
avoir esté fait d’animosité...”.
Salmonye et de Penelle Magnac.
Anne de La Charlonnye poursuit sa déposition:
Le 25 octobre 1608, le sieur Vacheyron, sergent, se
“disant qu 'ayant esté menassée souvantes foys par ung
dirige, accompagné de ses recors, vers le hameau de Las
nommé le Péril dudict bourg, qui luy bailleroit les estrivières
Fonts , paroisse de Massignac, en Angoumois. Il est
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si elle pouvait estre relevée de ses couches ou qu ’il thueroit chargé, “au nom du Roy”, de faire exécuter un jugement
son cournard de mary, comme il fit lesdites menasses rendu par le présidial d’Angoulême, le 1 mars 1608, en
er
publicquesment ce mardy y eust huict jours au devant la hasle,
faveur des syndics du collège des Jésuites de Limoges.
ledict Péril estant poussé d’une grande animosité contre
Penelle Magnac a été condamnée, solidairement avec
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sondict mary et elle, causant le procès qui est entre Mess, les d’autres habitants du même lieu, et le sergent doit saisir
Jésuiste, ledict Péril et le sieur de Lindois ou autres pour les biens meubles de cette femme. Dans l’acte qui a servi
raison du [bénéfice ?] dudict Massignac... Aussy, lundy
de source, rien n’est dit sur les causes de cette saisie , il
dernier, environ les huict heures du matin, ariva en sa maison
s’agit très vraisemblablement d’une histoire de rente que
led. Péril, Abraham son frère, autre dénommé Pierre les tenanciers du hameau de Las Fonts, solidairement,
devaient payer à la cure de Massignac.
14 Sabotier.
15 La paroisse de Massignac était partagée entre le Poitou et
l’Angoumois (la plus grande partie). 18 Matelas.
16 En fait, il y en eut un. mais un faux, dont le rôle fut tenu par 19 D/372.
un certain Nicolas Fayou, qui fut plus tard l’objet d’une plainte 20 Ou Pery, la lecture de ce surnom n’est pas assurée.
et d'un procès (D/379). 21 Aujourd’hui Lafond.
17 Abîmée, gâtée (même étymologie que dévaster). 22 Veuve La Salmonie, vraisemblablement une protestante..
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