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Charente (16) Confolens arrondissement - 387
l'auberge voisine devant une “chopine” de rouge. populaire. A leur mort, en 1926, un stock de 80 de
kg
Rarement les vendeurs repartaient sans avoir trouvé un monnaie de billon (5 centimes et 10 centimes) fut
acquéreur, fort heureusement d'ailleurs, car l'étable était découvert dans un coffre de leur maison, comme l'a
loin et la route aurait été plus pénible que le matin. A relaté le journal “La Petite Charente”. D'après le poids
midi, les auberges commençaient à se garnir de clients. de cette monnaie de billon on peut juger du nombre
C'étaient d'abord les forains, les messieurs: notaires, important de dévotions et de sonneries de cloches qui
agents d'affaires, assureurs, gros marchands, qui a dû être fait, le tarif des dévotions étant des plus réduits
déjeunaient, prenant le repas complet à 25 sous, prix et la générosité des auditeurs des sonneries de cloches
net. très restreinte.
Menu: Parmi les nombreux forains installés sur la grande place
de l'église et dans les rues avoisinantes, le “Bazar de
Soupe grasse,
Chabanais” avec son banc immense sur lequel
Pot au feu, reposaient poupées et jouets de toutes sortes était le
plus admiré des enfants. Puis c'étaient les marchands
Ragoût d'aumaille ou tripes,
de tissus de Chabanais, de Saint-Junien, de Vayres, les
Rôti de veau ou volaille, marchands de chaussures de La Rochefoucauld, le
Salade, bijoutier et le chapelier de Chabanais, le coutelier de
Saint-Claud, le pâtissier de Suris qui vendait de si bons
Fromage,
gâteaux, parmi lesquels les cornets de crème et les
2 biscuits éclairs au chocolat qui m'ont laissé un si bon souvenir.
Il y avait les bouchers de Saint-Claud et de
Vin et Pain "tendre" à volonté.
Montembœuf qui, l'été, avaient fort à faire à chasser les
Café avec la bouteille de rhum sur la table. Le café étant mouches de leur viande. C'était un marchand de
bu dans le “mazagran”, verre spécial. fromages, une mercière à laquelle les filles achetaient
Puis les paysans arrivaient. Toutes les tables se les rubans en satin pour la coiffure des dimanches. Il y
garnissaient. Les 19 auberges regorgeaient de clients. avait un marchand de graines, les jardiniers de
Chabanais avec leurs plants, les marchands de laine qui
Au menu c'était la soupe grasse et un seul plat:
échangeaient pelotes et écheveaux contre de la laine
Pot au feu, brute. Enfin les marchands de bonbons, de pralines,
ou Ragoût d'aumaille de berlingots, les cloutiers, le “taillandier” de
Montembœuf qui vendait haches, serpes, faux et
ou Tripes,
faucilles. Souvent des saltimbanques donnaient avec
ou Raie au Roux et aux oignons force fracas de cuivres et cymbales une représentation
en plein air. Un cercle de badauds était vite formé et
Pain "tendre" et vin à volonté pour le prix de 8 à 10
les représentations se succédaient rapidement.
sous.
Il ne faudrait pas oublier les chanteurs ambulants qui,
Le cours du repas était agrémenté par quelques
au milieu d'une cour de jeunes, voire de moins jeunes,
attractions. C'était un joueur de vielle, le père
accompagnés par un accordéon, répétaient avec
“Guilloumet” du village de Servolles, un autre joueur
patience les rengaines du jour pour les apprendre à
de vielle, “Chadalée”, sans domicile fixe, accompagné
l'auditoire. Parmi ces chanteurs, un couple s'est fixé à
de son fidèle chien “Polka”. C'était “Marsaudou” ou
Massignac.
“Millaguet” qui, avec sa bouche, imitait sur commande
les diverses sonneries des cloches des églises des “Auguste et Louise” s'étaient produits pendant
communes environnantes. longtemps. Ils chantaient bien, surtout Auguste qui
s'attaquait même à l'opérette avec des airs de "Mignon".
Pendant que “Marsaudou” faisait les auberges, sa
femme, la "Nanon" pour les uns, la "Millaguetto" pour Les sabotiers, ils étaient nombreux à l'époque, et parmi
les autres, faisait les dévotions. Ce couple, du village du eux mon grand-père paternel, se tenaient sur la place
Mas Bayou de la commune voisine de Saint-Quentin- devant les écoles. Pas de banc, les sabots étaient posés
sur-Charente, qui ne manquait pas une foire, était très à même le sol, par tas, sabots d'hommes, sabots de
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