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Charente (16) Confolens arrondissement - 589
la vie de soldat, en y cherchant la fortune et la gloire,
éprouvent des accidents militaires, c'est regrettable sans
doute, mais ce sont affaires à eux. Ce que nous admirons
chez nos quatre jeunes amis, ce n'est point la passion
du métier des armes, dont pas un d'entre eux, sans doute
(s'ils eussent échappé, et en supposant qu'ils eussent eu
les talents nécessaires pour y parvenir) n'eût voulu faire
sa profession; ce qui nous touche chez ces nobles
enfants, comme chez tous ceux qui ont senti comme
eux, c'est ceci: la patrie est en danger. Dans leur
généreux amour filial, ils ne distinguent point la patrie
de leur mère; on leur dit qu'on se fait tuer pour elle, là
bas. Ils y courent!... Qu'on en rie si l'on veut, moi je vous
dis que je ne peux pas écrire ces choses-là sans pleurer...
Il est vrai que je pleure encore chaque fois que je relis
le récit de la conduite des Spartiates au Thermopyles;
et vous-même, je vous défie, pour peu que vous ayez
l'âme bien placée, de prononcer tout haut ces paroles,
sans que votre voix soit émue:
“Va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour
sa défense et pour obéir à ses lois.”
– Hé bien! Voici l'adieu que le plus jeune de mes quatre
campagnards recevait de ses frères, mourants sur le
champ de bataille quelques semaines après avoir quitté
le toit maternel:
“Petit frère, si tu n'es pas tué toi aussi et que tu
retournes au pays, tu diras à notre mère que nous
avons fait notre devoir...”
Et deux ans plus tard, invalide à seize ans, il venait le
redire au village.
G. Veyret, La Pomone délivrée
Etudes Locales, 3e année, n. 17, janvier 1922
(Communiqué par M. Martial Besson, instituteur
honoraire)
La Pomone Délivrée peut être consultée à la fin de ce
FlipBook.*
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