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Charente (16) Angoulême arrondissement - 936
Avant que d’être complètement étendue, la Vierge a fleurdelisé et marqué de la croix. En tête du défilé,
saisi, de ses deux mains, le bord de la couverture précédé d’un porte-pennon, un personnage
pour la ramener sur ses épaules; elle replie sa jambe couronné d’une couronne royale, l’épée au poing.
droite et son pied sort de la couverture qui retombe Deux chevaliers l’escortent. Un joueur de violon
en quelques plis. Devant elle, saint Joseph a la tête chevauche à côté des nobles paladins.
couverte d’une sorte de barrette qui, par devant, Au-dessous d’une bande décorative qui sépare les
laisse voir les cheveux sur le front.
deux tableaux, les combats sont engagés. Des
Dans un pâturage voisin, deux bergers, l’un jeune, cavaliers s’affrontent à gauche et à droite des tentes,
l’autre vieux, reçoivent l’Annonce de l’Ange. Ils sont, gardées au centre par des gens de pied. La première
l’un et l’autre, court-vêtus. La tête levée, le vieillard de ces tentes est aux couleurs des Taillefer losangé
regarde le messager céleste qui déploie un phylactère. d’or et de gueules. A raison de ce signe, on pense
Le jeune garçon, coiffé d’un capuchon fort pointu, que ces fresques ne sont pas seulement
est assis, les jambes croisées. Il paraît s’associer à représentatives du grand événement des Croisades,
l’allégresse de ce grand jour, car ses doigts semblent mais aussi qu’elles rappellent le rôle, glorieux, selon les
toucher les cordes de l’instrument qu’il tient contre chroniqueurs de l’Angoumois, que joua, dans la
lui. Sa posture est originale. Auprès de lui son chien, deuxième croisade, Guillaume Taillefer, quatrième du
et autour de lui des moutons paissant. Ce petit nom. Malgré des fautes de dessin, il faut reconnaître,
tableau introduit une note pittoresque au milieu de à ces peintures, du mouvement, de l’expression, en
cet ensemble. un mot, de la vie.
Enfin, dernier acte, la Vierge, revêtue de son voile Outre ces fresques guerrières, deux groupes ont été
traditionnel, a placé debout, sur un petit meuble, son peints auprès de la fenêtre qui surmonte la porte
Enfant, qu’elle présente au vieillard Siméon, qui est principale du Temple de Cressac.
nimbé. Derrière elle, la prophétesse Anne, dont la
D’une part, un chevalier à pied s’apprête à
taille élevée est augmentée encore par une
combattre un monstre; auprès de lui, en arrière,
volumineuse coiffure à deux pointes et à bride, se debout, une femme.
tient en avant de saint Joseph. Ce dernier suit le
déroulement de la cérémonie et attend le moment de D’autre part, un cavalier couronné foule, sous les
déposer son offrande des deux tourterelles dont il sabots de son cheval, un être humain minuscule, de
s’est chargé, pour l’accomplissement de la Loi. couleur sombre; en face de lui, debout, une dame,
couronnée aussi.
Le style général et le naturel des attitudes font penser
au XV siècle. M. Biais avait adopté cette époque. Les écus très pointus, les heaumes des cavaliers, les
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longues manches et les tresses des femmes
M. George dit seconde moitié du XIII s. Les
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permettent de dater ces peintures du deuxième tiers
costumes nous paraissent plutôt de cette dernière du XII siècle.
e
période .
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Dans notre recherche des peintures murales, trop
Les fresques de la chapelle des Templiers, à Cressac,
sauvent à notre gré, nous n’avons pu relever que des
sont les plus anciennes de l’Angoumois. Elles sont
traces de peintures ornementales. Il est permis de
inspirées par les Croisades .
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supposer que les peintures de ce genre ne formaient
Une longue file de chevaliers armés et équipés en que le cadre ou le fond de peintures qui
guerre, sortent d’une ville fortifiée. L’un d’eux, représentaient des scènes de l’Evangile, de la vie de
qu’emporte son cheval au galop, tient baissée sa saints ou tout autre sujet de l’Ancien ou du Nouveau
lance d’où se déploie un gonfalon à trois banderoles, Testament. A témoins, les peintures de l’église de
6 Les peintures de Saint-Amant-de-Boixe étaient autrefois Lanville où nous avons pu déceler une Annonciation,
présentées en deux registres, et comprenaient, en outre et celles de Gardes, où des peintures décoratives
Hérode et ses conseillers, Hérode et les Mages, et enfin la côtoient le Christ et la Vierge. Témoin aussi
Cène. De cette dernière, quelques bustes ont pu être Coulgens où une sainte martyre, assez bien
conservés.
7 Ces fresques ont été détachées par les soins des Beaux-Arts, conservée, se dresse encore au milieu de faibles
et transportées à Paris. Elles reprendront leur place, en restes d’ornements varies. Quoi qu’il en soit, cette
Charente, après avoir reçu un nettoyage. recherche nous a confirmé dans l’opinion exprimée
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