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Charente (16) Confolens arrondissement - 843
[XLV] M. de Massougnes présente la photographie et un dessin d'un tombeau roman existant au château de
Saint-Vincent et dont il donne la description et cherche à établir l'origine (Annexe III).
Annexes III
Vicomte de Massougnes des Fontaines
La Pierre Tombale de Saint-Vincent
La décharge de l'étang du château de Saint-Vincent Saint-Vincent, depuis le dernier tiers du XV siècle, où
e
(commune de Vitrac-Saint-Vincent) a pour margelle un il appartenait à François de Monac, écuyer, a passé par
tombeau roman en pierre appliqué, par une extrémité, alliances entre les mains de plusieurs familles, dont les
contre le mur d'un bâtiment d'exploitation. Volluire, qui y ont poussé une branche cadette, dite de
Saint-Vincent. Un mariage entre l'héritière de cette
Ce tombeau, aujourd'hui séparé par le travers en deux
maison et Jean de James, écuyer, sgr. de Longeville, fit
parties égales, est orné, sur chaque face latérale, de dix
entrer le domaine dans cette dernière famille, en 1737.
arcades en plein cintre reposant, sans chapiteau ni
abaque, sur des colonnettes très frustes et sans base, C'est un descendant de Jean de James, M. Gaud de La
dont il .est impossible de dire avec certitude si elles Porterie, qui vendit Saint-Vincent, en 1904, au marquis
étaient originairement arrondies ou carrées. Le toit est Horric de La Moite-Saint-Genis.
décoré de deux séries superposées d'arcatures en plein Celui-ci a récemment reçu les très intéressants titres de
cintre, beaucoup plus petites et encore plus simples que
propriété de Saint-Vincent, que lui a remis le baron de
celle des flancs latéraux et qui, au premier aspect,
James, lequel, en même temps, lui a révélé que, vers le
donnent l'apparence d'un imbriquage. Les arêtes du
début du dix-neuvième siècle, alors que l'on abattait la
tombeau sont adoucies par un gros tore continu qui vieille église paroissiale désaffectée de Saint-Vincent, son
règne sur tous les profils, sauf à la crête, jadis aiguë, sans
bisaïeul avait utilisé un certain nombre des matériaux de
doute, mais aujourd'hui entièrement écornée et aplatie.
démolition pour différents besoins de ses bâtiments.
Enfin, la seule face transversale visible présente une
C'est ainsi, sans doute, que la pierre tombale qui nous
croix pattée inscrite dans un cercle, ou plutôt un ovale occupe fut transportée là où elle se trouve actuellement
irrégulier, en saillie plus accusée que celle des arcatures
et que, peut-être, elle fut coupée en deux pour la facilité
et d'une exécution un peu sommaire. Il est à présumer
du transfert. Car les tombeaux du même genre et de la
que la face correspondante est semblable.
même époque sont généralement d'une seule pièce, et
Le tout, rongé par le lichen, ébréché et émoussé par les la césure est ici assez nette, ébréchée seulement par
injures du temps et des hommes, et d'un relief déjà peu endroits et sépare la pierre par le milieu, exactement
accentué par lui-même, est loin de présenter la netteté entre les deux arcades médianes des faces latérales.
de lignes qu'un dessin au trait comme celui-ci comporte
Bien que ce type de tombeau du XII siècle n'ait rien
e
nécessairement. La photographie, de son côté, accuse d'exceptionnel dans notre région, il m'a paru que,
insuffisamment les détails, parce que le tombeau est
justement à ce titre, il n'était pas inutile d'en faire
exposé de telle façon que la lumière n'y porte presque
connaître un spécimen somme toute complet, assez bien
aucune ombre.
conservé, et dont la provenance paraît suffisamment
La longueur totale est de 2 mètres, sur une hauteur de établie.
0.38 jusqu'à la crête et 0.25m de hauteur aux faces
m
latérales. La largeur, constante dans toutes les parties du
Bulletins et Mémoires de la Société Archéologique et
tombeau est de 0.62 .
m
Historique de la Charente, année 1918, 8 série, tome
e
La présence d'une pierre tombale de cette époque dans IX, pp. XLV, XLVII-XLIX
les dépendances d'une habitation n'ayant conservé
aucune trace même de chapelle et dans l'histoire de
laquelle rien ne permet de présumer l'existence d'une
“terre sainte”, d'un lieu de sépulture quelconque,
s'explique difficilement par soi même. Le château de
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