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Charente (16) Confolens arrondissement - 487

        la maison aux servitudes, quelques fois éloignées, alors L'habitant est assez routinier et fruste. L'agriculture s'en
        que dans le pays charentais chacun a tout ce qu'il faut ressent  un  peu,  car  il  adopte  assez  difficilement  les
        entre les murs de sa ferme, gardé des yeux du voisin. Et innovations. Il se préoccupe assez peu de l'hygiène et
        tout  cela  s'explique:  le  paysan  charentais,  petit c'est ce qui explique le laisser aller des habitations. Mais
        propriétaire, est chez lui; il s'installe dans sa maison du il est solide, travailleur, sobre, dur aux intempéries et
        mieux qu'il peut, car c'est là qu'il passera toute sa vie. Il connaît  son  métier.  Il  n'a  pas  l'allant,  l'entregent,  la
        a le plaisir et l'orgueil d'avoir un belle "propriété", et il finesse de certaines populations françaises; mais il a déjà
        tient à y être “à l'aise” et “chez lui”, loin des regards la  solidité,  la  ténacité  des  laborieuses  populations  du
        indiscrets.  Ici,  le  métayer  est  de  passage:  il  ne  peut centre. Il faut de tout dans un pays: les uns sont le levain
        s'attacher  à  une  maison  qu'il  quittera  demain  et  qui qui fait lever cette masse solide qu'est la bonne pâte.
        souvent  est  moins  importante  à  ses  yeux  que
                                                                     De race limousine, il n'y a point de danger que le sang
        l'installation des étables ou la commodité de l'eau. Enfin,
                                                                     de notre paysan s'abâtardisse. Tous les ans il y a un afflux
        il faut bien le dire: il y a sa mentalité, moins raffinée que
                                                                     constant  de  paysans  des  communes  voisines  de  la
        celle du Charentais.
                                                                     Haute-Vienne et du Périgord, alors que l'inverse ne se
        Ces remarques générales n'empêchent évidemment pas produit pas: phénomène d'osmose qui se constate des
        qu'il y ait de fort belles maisons et des exploitations bien pays pauvres vers les pays plus riches. En 1921 et 1922,
        installée.  En  somme,  l'habitation  est  passable:  moins il y a eu chaque année 6 électeurs nouveaux venant du
        bien  qu'en  Charente,  mais  déjà  bien  mieux  qu'en Limousin. Les originaires du Limousin, sont 30 sur 200
        Limousin.  Plus  de  chaumes,  pas  d'ardoises,  tuiles sur la liste électorale, soit le septième. L'émigration des
        partout. Néanmoins, le paysage est infiniment supérieur habitants du pays vers “les vignes”, Cognac, Jarnac, etc.,
        à l'habitation.                                              est  moins  accentuée.  Encore  les  gens  y  vont  ils

                         Caractère de 1'homme                        domestiques et reviennent souvent au pays, tandis que
                                                                     les  Limousins  viennent  ici  sans  esprit  de  retour  et
        Quant à l'habitant, c'est un Limousin, mais un Limousin contribuent à conserver à la population son caractère
        plus déluré que son voisin de la Haute-Vienne et que le ethnique.
        Périgourdin. Il vit déjà beaucoup mieux:

        Alors  que  vers  Saint-Mathieu  ou  mange  encore  tout
                                                                           Etudes Locales, 3e année, nº 20, avril 1922,
        l'hiver le pain de seigle, réservant le froment pour l'été,
                                                                                            pp. 111-115
        chez nous, le paysan mange du pain blanc toute l'année,
        tue son cochon, boit du vin et se soigne exactement
        comme  ses  compatriotes  d'Angoumois.  Il  est
        quelquefois petit propriétaire, le plus souvent métayer
        ou  fermier.  Il  se  distingue  cependant  nettement  du
        Charentais dont il n'a ni la langue, ni les habitudes, ni
        l'aspect. Physiquement, il est de taille moyenne, plutôt
        trapu,  d'allure  un  peu  lente:  l'habitude  de  suivre  ses
        bœufs, sans doute. Sans être taciturne, il est moins beau
        parleur que son voisin de l'ouest. Il parie le pur dialecte
        limousin, mais de consonance un peu moins gutturale
        que vers Limoges, très exactement le même qu'à Saint-
        Yrieix. La race est donc limousine: la transition avec
        l'Angoumois va commencer aux limites sud-ouest de la
        commune,  mais  à  peine  sensible  encore,  car  les
        altérations  du  langage  sont  insignifiante.  Elle  ne  se
        manifestera que dans les communes voisines: Rouzède,
        Montbron, Yvrac, encore à moitié limousines et à moitié
        couvertes de châtaigniers: on peut dire que là où est le
        châtaignier, là sont les Limousins..., dans nos régions
        s'entend.


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