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Charente (16) Confolens arrondissement - 472

                            LE CHATEAU DES ETANGS DE MASSIGNAC EN 1761.


                                                        Pierre BOULANGER


        Les procès-verbaux de visite sont des actes relativement d'autre part il constate très vite les lacunes de ce genre
        fréquents dans les archives. Ils ont été dressés par des de  texte.  Pour  les  contemporains,  il  était  inutile
        notaires (assistés de témoins  ou d'experts choisis par d'apporter certaines précisions, évidentes pour tout le
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        les  parties  ou  nommés  d'office  par  eux  en  cas  de monde à l'époque, si bien qu'il n'est pratiquement jamais
        désaccord) ou par les juges seigneuriaux ou royaux. Ces mentionné, lors de la visite, si on se dirige au nord ou
        actes ont été dressés en général dans trois circonstances: au sud, à droite ou à gauche. Où se trouvaient la “chambre
        le plus souvent pour régler des questions d'héritage et verte” ou la “chambre jaune” ? Bien malin qui peut le dire
                                                                                                 4
        évaluer la part revenant à chaque héritier ou lorsque maintenant. C'était évident pour tout le monde en 1761
        d'importantes  réparations  devaient  être  effectuées mais, malheureusement, ce ne l'est plus du tout pour
        ; finalement, lors de l'entrée en jouissance d'un bail par nous et, actuellement, il nous est très difficile, pour ne
        le ou les fermiers d'une seigneurie.                         pas  dire  impossible,  de  reconstituer  l'agencement
                                                                     intérieur de ce bâtiment. Nous allons tenter de le faire,
        C'est  cette  dernière  circonstance  qui  a  amené  M    e
                                                                     cependant.
        Mesturas,  notaire  à  la  résidence  de  St-Claud,  à
        instrumenter à Chantrezac et à Massignac pour évaluer En premier, le notaire et ses accompagnateurs pénètrent
        les  bâtiments  dépendant  de  ces  deux  fiefs.  Leur dans un corps de logis par un vestibule comportant deux
        propriétaire, Jean de La Breuille, devait avoir certaines portes en vis-à-vis (l'une donnant sur la cour et l'autre
        difficultés car ses biens avaient été mis sous contrôle sur le jardin ou terrasse), avec à gauche un salon et une
        judiciaire et, par acte du Parlement de Paris en date du chambre (terme synonyme de pièce dans le langage de
        25/IX/1761, le précédent bailliste judiciaire Guillaume l'époque),  puis  dans  une  tour  ayant  une  petite
        Gricour avait été remplacé par le sieur Pierre Calloud, antichambre au rez-de-chaussée. De là, ils passent dans
        bourgeois de Paris, y demeurant paroisse St-Séverin. la “chambre verte” dont la localisation n'est guère précise,
        C'est à l'occasion de cette passation de pouvoir que M puis dans la chambre dite “le portrait” à côté de laquelle
                                                                  e
        Mesturas fut amené à exercer ses fonctions les 21, 22 est un cabinet et une autre chambre appelée “sous la tour
        et  23  octobre  de  cette  même  année  pour  dresser  le du moulin” (son nom doit provenir de la proximité de
        procès-verbal  qui  a  servi  de  point  de  départ  à  cette l'étang dont la chaussée surplombe un moulin). Par un
        étude 2.                                                     escalier de pierre, ils montent au-dessus de la précédente
                                                                     puis  poursuivent  leur  visite  par  les  “chambres  hautes”,
        Le fief des Etangs était un sous-fief de la seigneurie de
                                                                     c'est-à-dire les pièces à l'étage, qui se composent d'une
        Chabanais qui était passé entre plusieurs mains avant
                                                                     antichambre, de deux chambres, une chambre au dessus
        de devenir la propriété des de La Breuille. Ces derniers
                                                                     du salon (munie d'un balcon), d'une chambre à côté de
        se trouvaient donc à posséder deux châteaux : celui des
                                                                     la tour (s'agit-il toujours de la tour du moulin, ce n'est
        Etangs et celui disparu eu XIX  siècle de Chantrezac .
                                          è
                                                                 3
                                                                     pas évident. Il semblerait plutôt qu'il s'agisse de la tour
        L'historien qui a entre les mains un acte du genre d'un      à droite de la façade, quand on la regarde de la cour
        de ces procès-verbaux éprouve toujours un sentiment          d'entrée). Puis ils redescendent dans une “chambre basse”
        mitigé. D'une part, il a la description irremplaçable d'un   (c'est-à-dire au rez-de-chaussée) à côté d'un escalier. Un
        état  d'un  bâtiment  à  une  date  très  précise,  état     “couroir ou guallerie” règne sous les chambres de l'étage,
        actuellement complètement occulté par la restauration        du côté de la terrasse, c'est-à-dire du côté opposé à la
        radicale que cet édifice a connu à la fin du XIX  siècle;    cour  d'entrée.  Ensuite,  ils  se  dirigent  vers  la  tour  du
                                                           e
        1 Lors de l'acte dont il va être question, les témoins ont été Junien parterre dont la localisation n'est pas mentionnée puis
        Vergnaud, tailleur d'habits, demeurant à Las Gracias, paroisse de  ils reviennent dans une autre antichambre, visite l'office
        Massignac; et Gabriel Vergnaud, aussi tailleur d'habits, demeurant  (ou “dépense”), la cuisine et un petit salon à côté. Puis ils
        au bourg de Massignac.
                                                                     traversent une chambre et reviennent dans la galerie où
        2 L'auteur tient à remercier Mme Monique Langlais, membre de
        la S. A.H.C., pour lui avoir signalé ce document conservé aux
        Archives Départementales sous la cote 2 E/8886.              4 La couleur attribuée à ces chambres était généralement celle du
        3 La paroisse, puis commune, de Chantrezac a fusionné avec “meuble”, c'est à dire de la garniture en tissu d'ameublement (dessus
        Roumazières-Loubert (canton de St-Claud.                     de lit, rideaux de lit ou de fenêtre, tissu des sièges...).

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