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La Préhistoire Française

            Gourhan renouvelle l’œuvre de Breuil : les fouilles l'Art.


                   La   fouille   préhistorique   était   fondée   sur   la   position   stratigraphique   des

            documents, par couches de plus en plus profondes; on cherchait l'objet caractéristique
            d'une industrie, considéré comme un fossile directeur. Puis vint le décapage; enfin le

            carroyage et la recherche des sols d'occupation. Tout cela s'imposa peu à peu, au cours
            des cinquante dernières années. Par ses fouilles exemplaires d'Arcy-sur-Cure et surtout
            de Pincevent  A. Leroi-Gourhan donna l'exemple qui s'imposa bientôt à tous les
            fouilleurs. Or ces sols, minutieusement dégagés et analysés révélaient des structures;

            on passait ainsi de la Préhistoire inanimée à une palethnologie très évocatrice de la vie
            des Hommes d'avant 1'Histoire.


                  Cette   même   recherche   conduisait   Leroi-Gourhan   a   une   toute   nouvelle

            interprétation de l'Art. Nettement en désaccord avec Breuil, il voit dans chaque grotte
            ornée   un   ensemble   cohérent,   ordonné   autour   de   symboles   mâle   et   femelle.   Sa
            monumentale "Préhistoire de l'Art occidental" a touché le monde entier.


            9 - L'Avenir



                  Mais la recherche a profondément évolué : les Sciences naturelles physique et
            chimiques y tiennent une place sans cesse accrue : sédimentologie, palynologie,

            paléontologie animale, végétale et humaine, méthodes de datation. L’analyse des
            industries se fait sur ordinateur et l’étude individuelle des objets utilise le microscope
            électronique.   La   recherche   devient   donc   nécessairement   multidisciplinaire   et

            collective.   Son   but   ambitieux   est   maintenant   de   faire   revivre   l’homme   dans
            l’environnement qui fut le sien.


                  Simultanément, la Préhistoire française se  provincialise.  Comme le rappelait
            justement l'abbé Breuil dans sa leçon inaugurale au Collège de France, tous ses stades

            furent   désignés   par   des   noms   français   :   Chelléen,   Acheuléen,   Levalloisien,
            Moustérien,  Aurignacien,   Solutréen,   Magdalénien,  Azilien,   et   autres.   Ils   ont   été
            exportés, souvent abusivement, dans diverses régions de l'Europe et du Monde. Le

            Français   est   encore   la   langue   officielle   de   l’Union   Internationale   des   Sciences
            Préhistoriques et Protohistoriques, une des grandes unions scientifiques de l’Unesco,
            qui a réuni en congrès à Nice (1976), 3.000 représentants d’États membres des Nations

            Unies. Mais il était dès lors évident que le modèle français, sauf par ses méthodes, ne


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