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La Préhistoire Française

            5 - Une Science d'Amateur



                  Mais la Préhistoire attendra encore longtemps pour occuper une petite place dans

            l’Université : on y vient par diverses voies; les préhistoriens sont des "amateurs" en
            marge de leur métier, qui est d'être ecclésiastique, instituteur, médecin, notaire, pour
            ne prendre que quelques exemples. La Société préhistorique française les regroupe

            depuis 1904. Ce sont donc eux qui font la science préhistorique.


                  Ce sont les Massénat, Piette, Cartailhac, Brouillet et Meillet, Lalande, Mortillet,
            Peyrony, Capitan, Bouyssonie, Bégouen, Henri-Martin, et tant d'autres !


                  En 1910, le Prince Albert de Monaco, déjà mécène de fouilles et de publications
            préhistoriques, fonde l'institut de Paléontologie humaine, à Paris. Boule (Muséum) en

            sera le directeur, avec une chaire d'archéologie préhistorique, confiée au jeune abbé
            Breuil. La Fondation devint rapidement le point de ralliement des préhistoriens par ses
            enseignements,   ses   collections,   ses   publications,   sa   grande   hospitalité,   son

            rayonnement. Au centre de tout cela, Breuil va, pendant presque un demi-siècle,
            dominer la préhistoire française.


            6 - L’Abbé Breuil (1877-1961)



                  La vie de cet immense savant, le dernier peut-être à pouvoir embrasser une
            Science à l'échelle mondiale, a été maintes fois racontée. On ne retiendra ici que

            quelques traits fondamentaux pour l'avancement de la science préhistorique en France.


                  Il s'agit d'abord de la succession des industries préhistoriques, de leur chronologie
            relative. Il gagne la "bataille aurignacienne", contre Mortillet, avec le soutien de
            Capitan et Cartailhac, et présente au Congrès de Genève, 1912, une synthèse qui fait

            date sur "les subdivisions du Paléolithique supérieur". En naturaliste, il classe les
            pierres taillées et les os travaillés comme des fossiles d’Étages géologiques, imaginant
            entre eux des "passages", une  évolution, comme une  filiation. Pour les très vieilles

            industries, il faut s'appuyer sur la Géologie stratigraphique et la Paléontologie. Il se
            passionne pour les phénomènes de solifluxion et les patines. En conséquence, on doit
            admettre la haute antiquité de l'Homme, et surtout la faire admettre. Ce saint homme

            pétri de foi devra convaincre, non seulement le monde scientifique, mais deux Papes,
            la Curie romaine et le clergé. Sur la fin de sa vie, comparant sa démarche à celle de


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